Pour Alice RENOUF, née MERPOEL, fille de Marie Joseph BOUGAULT, ces premiers congés payés sont l’occasion d’aller à Saint-Domineuc (Ille et Vilaine).
Alice se rappelle que la voiture est restée stationnée sur la route nationale. Les ornières boueuses rendaient impraticable le chemin menant au hameau La Bouhourdais, berceau de la famille Lemarchand.
Elle se rappelle très bien de la boutique d’Alphonsine, et en fait une description précise.
Nous sommes en été 1936, lors des premiers congés payés. Après s’être arrêtés chez les grands-parents (Bougault Célestin et Lemarchand Elise) à La Neigerie (61190 Moussonvilliers), nous nous rendons à Saint-Domineuc (35190) chez les cousins Jean et Alphonsine GARNIER.
La boutique est située au carrefour des routes Rennes-St Malo et Combourg, face à l’église. Tous les jours de l’année, Alphonsine tient le magasin tandis que Jean effectue des tournées dans les hameaux environnants, emportant toutes sortes de produits et denrées dans sa camionnette.
Dans cette épicerie, on y trouve de tout : alimentation, quincaillerie, vêtements, chaussures…..
L’alimentation se compose de produits conditionnés unitairement tels que les conserves, l’huile, le vinaigre…. Le sel, le sucre, la farine, le café vert….livrés en grands sacs, sont revendus au détail ; ainsi que les produits d’entretien comme le savon, la lessive, les cristaux de soude….
Le dimanche avant la messe ou dans la semaine, les fermières apportent chacune 2 à 3 douzaines d’œufs et du beurre. Sur le dessus des mottes de beurre de 2 ou 3 kilos, sont dessinées des fleurs et des feuilles. En bordure et sur le pourtour une frise est réalisée avec leur grande et large cuillère en bois.
Les œufs sont rangés dans une caisse en bois garnie de paille, de 1,20m sur 0,60m environ. Au nombre de 3, chaque rangée d’œufs est séparée par un lit de paille. Un couvercle ficelé ferme la caisse.
Hors de la vue des fermières, les mottes de beurre sont renversées et tassées dans une grande manne garnie d’un tissus blanc qui recouvre le tout. Adieu les jolis dessins.
Deux fois par semaine, un ramasseur fixe les prix et emmène le tout. Grâce au carnet tenu par Alphonsine, chaque fermière est payée.
Au fur et à mesure des besoins, Jean grille le café. Dans la cave se trouve des tonneaux, vendent-ils du cidre ou du vin en vrac ? Ou est-ce uniquement pour leur consommation personnelle.
En 1939, rien a changé, âgée de 13 ans, Alice rend de menus services comme peser ou servir certains articles. Cela lui plait bien, car c’est un va et vient fréquent avec des bavardages. Avec les informations que ramène Jean de ses tournées, Alphonsine et Alice sont au courant de tous les faits et gestes des habitants du village……
