L’histoire se passe entre 1935 et 1945 à la Neigerie, un petit hameau de Moussonvilliers, dans l’Orne, situé à 5 km de la RN12 (la route Paris – Dreux – Alençon – Rennes).
Célestin BOUGAULT et Elise LEMARCHAND ont une soixantaine d’années. Ils sont originaires de l’Ille et Vilaine, plus exactement de Tréverien pour lui et de Saint-Domineuc pour elle. Avec la carriole, ils ont déjà beaucoup voyagé : St Domineuc (35), Plouer (22), Villepinte (93), Saint Soupplets (77).
Vers 1947 – 1948, ils retournent vivre à St Domineuc.Le boulanger passe tous les 2 jours sauf pendant l’occupation où il faut faire 5 km à pied pour rejoindre St Maurice les Charencey. Le médecin et le pharmacien sont à environ à 20 km.
Célestin et Elise dorment dans la salle commune, près de la cheminée. Le matin, Célestin se lève le premier. Il allume le feu dans la cheminée avec un fagot préparé la veille au soir et réchauffe le café dans une casserole. Elise reste couchée jusqu’au grand bol de café arrosé « d’une petite goutte » (calvados) que Célestin lui apporte.
Puis, Elise se lève. La toilette est très réduite : un rafraîchissement du visage avec l’eau contenue dans un bol.
Après la traite des 3 vaches, Marquise, Rêveuse et Misère, c’est le petit déjeuner comprenant : du pain beurré, du lard cuit, des œufs durs…. accompagnés de lait pour les enfants et de café pour les parents.
Pour Célestin, la matinée se passe à refaire les litières de l’étable et de l’écurie, nourrir la jument Bichette et les travaux des champs. Elise nettoie, remet du grain dans la basse-cour, alimente le cochon, emmène les vaches dans un prés clos ou les fait brouter l’herbe des chemins en reprisant les chaussettes.
Le déjeuner se compose très souvent de porc issu du saloir et de légumes cuits dans le chaudron de la cheminée. Le cidre, puis le café et « la goutte » accompagnent ce menu quotidien. Le Dimanche, c’est une demi-tête de bœuf qui cuit sur la cuisinière pendant que la famille est la Messe.
L’après-midi, retour aux champs pour Célestin. Selon les travaux et les saisons, Elise aide Célestin ou cultive son potager. Deux ou trois fois par an, une lessive est faite. A 16 heures, c’est le goûter avec du pain beurré ou du pâté ou des confitures de mûres qu’Elise ramasse en gardant les vaches. A 18 heures, Elise ramène les vaches l’étable. Elle tire du puits les 3 seaux d’eau que chacune boit, puis c’est la traite. Le lait est déposé au bout du chemin à 200m.
Avant le dîner, Célestin, Elise ou un des enfants présent prépare le fagot. Le bois est coupé en morceaux de 50 cm de long, à l’aide d’une serpe, face à un billot (tronc d’arbre bien stable). Ensuite, il est rentré dans la salle commune sous la fenêtre.
Le dîner habituel avec son potage réalisé à partir du bouillon de cuisson du midi et les restes ou simplement de la bouillie faite de lait, de farine et de sucre.
Enfin, c’est la veillée. Célestin fume des cigarettes qu’il allume avec un petit tison de bois rouge de la cheminée, tenu avec une pince. Elise tricote quelques gilets, chaussettes ou bas. L’hiver, elle allume la lampe pétrole pour éclairer son ouvrage.
Le Dimanche, les travaux des champs sont remplacés par la Messe. Tous deux se lavent et s’habillent mieux. Il prennent la carriole tirée par la jument pour parcourir les 2 km qui les séparent de Moussonvilliers. A la sortie de la messe, Célestin bavarde avec les voisins au café, tandis qu’Elise fait quelques achats à l’épicerie attenante. Quand toutes les nouvelles sont dites, ils rentrent chez eux pour consommer la demi tête de bœuf.
Le vendredi Elise fait le beurre de la semaine avec la crème prélevée tous les jours sur le lait.
