Les Meuniers de la Plaine d’Estrées

1 – Introduction

          J’ai toujours entendu dire que « les familles de meuniers sont des familles riches ». Je n’ai rien trouvé dans les documents consultés, prouvant qu’ils avaient eu une quelconque richesse.
Le seul inventaire après décès retrouvé, est celui d’un meunier Hyppolite PLY (1800-1884).

     Autrefois

           Les meuniers allaient chercher le blé chez les particuliers, et leur rapportait la farine. Les meuniers prélevaient une quantité de grains sur les apports confiés par les clients. Plusieurs ordonnances de l’Etat ont préconisé :
1) de rendre aux clients, le poids de farine = au poids des grains moins deux livres pour les déchets, et d’être payé en argent.
2) pour ceux qui ne souhaitaient pas être payé en argent, le droit de mouture était fixé à un boisseau par sentier.
3) les contraventions étaient payées en amendes ou au pilori

      Le 18ème siècle est l’apogée des moulins à vent et à eau

Les boulangers parisiens et des grandes villes, achètent leurs grains en campagne et utilisent les moulins locaux pour ne ramener que des sacs de farine.
Le cumul des deux métiers meuniers et boulangers est interdit.
Au 18ème siècle, les meuniers passent pour des gens riches. Mais, un grand nombre d’entre eux, ne sont que locataires , et ont des difficultés à payer leur terme trimestriel. Les meuniers ont mauvaise réputation, leur honnêteté est souvent mise en cause.

      Le 19ème siècle sonne le déclin des petits moulins

Le déclin des petits moulins est brutal (1801-1802). Grace à la vapeur, les minoteries industrielles entament leur essor. Ensuite, les moteurs à essence prendront le relais.

       Le travail d’un meunier de moulin à vent

        Le métier de meunier n’était pas sans risque. La première cause de décès était la poussière qu’il respirait à longueur de journée. La deuxième cause était l’accident. Dans un moulin, beaucoup d’éléments sont en mouvement : la meule supérieure, les rouages hérissés de dents en bois, les ailes extérieurs…. Ces mouvements intimement liés au vent sont parfois incontrôlables. Un autre risque, aussi, était le feu provoqué par les étincelles issues du frottement des roues en pierre.
Les meuniers s’observaient d’un moulin à l’autre. Quand l’un d’eux pivotaient, c’est que la brise se levait. Il était tant de de se tenir prêt.
Très souvent, les meuniers exerçaient des métiers complémentaires, comme celui de cultivateur.

2 – Situation géographique de mes ancêtres-meuniers

         Ils sont établis dans le département de l’Oise, plus exactement dans la Plaine d’Estrées-Saint-Denis. Jusqu’à la Révolution, ces immenses étendues de cultures, sans rivière, sans étang, dont on n’en voit toujours pas la fin, sont gérées par l’Abbaye Royale de Saint Denis (Seine).
Traversée par la route nationale 17, l’axe Paris-Lille, nous ne voyons aucun village à l’horizon, et pourtant, ils sont là. Vingt-cinq villages y sont nichés.
Puisqu’il n’y a pas de rivière, les moulins sont des moulins à vent. Nul ne sait dire si le corps du moulin était en pierres coiffé d’un toit pointu qui était orienté selon le sens du vent. Ou, s’il était en bois, monté sur le pivot d’une haute maçonnerie tronconique.                   Dans cette plaine, les deux types de moulin ont existé.
Ce qui est certain : les ailes étaient toilées . L’invention des ailes recouvertes de lattes de bois réglables est arrivée plus tard, en 1840. Rabattre les toiles, par grand vent, était une action périlleuse. Ce sont les enfants, ou, les garde moulin qui s’en chargeaient.

3 – Les meuniers de Bailleul-le-Soc

1793, Joseph THUILLOT (1771-1817), charpentier, épouse Marie Anne Antoinette                            BALAGNY (1774-1858), fille de Charles Antoine BALAGNY, garde moulin à Bailleul-             le-Soc.

1819, Marie Anne THUILLOT, fille de Joseph, épouse Jean Marie Victor SAULON, fils de              Jean Baptiste SAULON (1750-1832), ancien contrôleur des équipages de chasse du               Prince de Condé (Chantilly), et de Marie Anne CORDIER (1755-1832) fille de Julien                CORDIER (1718-1794) receveur de l’Abbaye de Saint Denis (Seine).

Jusqu’en 1851, Jean Marie Victor SAULON est meunier et cultivateur. Il emploie ses 2 fils          (Joseph Victor, Jean Marie Eugène) et un garde moulin.
1851, ses enfants ont quitté le domicile paternel, il emploie toujours un garde moulin.
1855, son décès met fin à l’activité du moulin.

4 – Les meuniers de Rouvillers
1800, Etienne PLY (1757-1810), manouvrier, exerce la profession de meunier environ                   depuis l’année 1800. Avec son épouse Marie Françoise Ursule POTELLE (1770-1840),            il a quatre enfants (Marie, Joseph, Charles et Hyppolyte).
1810, Etienne décède le 21juillet.
1811, le 12 Septembre, sa veuve, Marie Françoise Ursule se remarie avec Louis Charles                 BAVARD (1766-1840), garde moulin à Dompierre (Oise).
1812, nait le 14 août leur fils Louis. Louis Charles BAVART est meunier.
1840, Décès de Marie Françoise Ursule POTELLE le 24 Novembre.
1841, le dernier fils d’Etienne PLY, Hyppolyte PLY (1800-1884) et sa femme Judith                         SEMELLE, reprenne le moulin avec leur trois enfants (Joseph Hippolyte, Charles                 Hippolyte, et, Etienne Valère).
1841, le 8 décembre Judith SEMELLE décède.
Entre 1841 et 1846, Hippolyte épouse Marie Louise Toussine-HUBERT
1846, Hippolyte PLY, et, sa femme Marie-Louise sont meuniers. Vivent au moulin : sa                   sœur Marie Thérèse Apolline, ses enfants (Joseph Hippolyte, Charles Hippolyte, et,              Etienne Valère)
1851 Hippolyte PLY est veuf, boulanger. Seuls son fils Etienne Valère et sa sœur Marie                  Thérèse Apolline vivent sous son toit