Archives de l’auteur : danielerenouf

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A propos danielerenouf

Passionnée de généalogie et d'histoire des familles, je suis l'auteure de plusieurs livres sur les familles RENOUF, PLY, BOUGAULT, MERPOEL (publiés chez "lulu.com", et "coolLbri.com"). Depuis, je me consacre à l'écriture de textes et poèmes, inspirés de la vie quotidienne et de mon environnement.

Rapport du G.E.R.C.A. (Carrière du Couvent de St Leu d’Esserent – Oise)

Travaux effectués en mars & d’avril 1940, par des éléments de l’Armée Française

Le GERHCAS tente de reconstituer la mission effectuée début 1940, par des éléments de plusieurs régiments de l’Armée française dans ces carrières.

Les militaires ont laissé en témoignage de leur séjour dans le Nord-Est de ces vastes carrières, à plus d’un kilomètre de l’entrée, non seulement de nombreux graffiti, comportant leur nom, prénom, leur appartenance régimentaire, datés de mars et d’avril 1940 mais aussi des indications topographiques délimitant une zone de plusieurs centaines de mètres carrés où d’importants dépôts d’un matériel qui dans le contexte de cette époque ne pouvait sans doute pas rester en surface et l’enfouit en détruisant les piliers, faisant s’écrouler le ciel de la carrière et fracturant les terrains sur une hauteur de 30 mètres, jusqu’à la surface

Quelle mission grave et urgente nécessitait de détourner des sections de travailleurs, d’ailleurs toujours en nombre insuffisant, de la construction d’une ceinture défensive au Nord de Paris, constituée de blockhaus, de fortins, d’abris pour canons et mitrailleuses, de tranchées, de fossés antichars et d’obstacles divers pour ces interventions à 35 mètres sous terre ?

Trente ans plus tard, un des propriétaires de ces carrières faisait construire huit murs de huit mètres de large sur huit mètres de haut, qui en ceinturant la zone effondrée, l’isolaient du reste de son environnement.

Bien entendu, nous avons interrogés carriers et champignonnistes, mais tous, ont soit perdu la mémoire, soit racontent n’importe quoi. Par ailleurs les archives municipales concernant la période 1949-1945 ont disparue.

S’il existe aujourd’hui un lourd faisceau de présomption tendant à faire penser à un dépôt de munitions toxiques, aucune preuve formelle n’a encore été trouvée dans les dossiers d’archives de l’Armée au SHD de Vincennes, malgré des recherches qui se prolongent depuis plusieurs années.

Le site du GERCA n’est plus accessible

Alice, Marie MERPOEL (1926 – 2017 )

Que de chemins parcourus
Alice est la fille unique de Marie BOUGAULT, bretonne, et de Léon MERPOEL, flamand. Les deux familles ayant fui la misère après la première guerre mondiale.
Elle est née le 13 janvier 1926 à VILLEPINTE (93).
Alice parla peu de son Père. De sa Mère, elle dira qu’elle n’a pas toujours été très tendre et qu’elle faisait feu de tout bois †. Lire la suite

Sous le Ciel de Chaniers -2022 (extraits)

Regard par la fenêtre
Assise à mon bureau, je regarde par la fenêtre.
Le ciel voilé diffuse une lumière blanche,
soulignant ainsi le feuillage vert de la colline boisée…
Il pleut, le paysage se voile
Assise à mon bureau, je regarde par la fenêtre.
Le vent s’est levé amenant la pluie
qui frappe au carreau comme pour demander un abri,
dessinant un voilage de perles translucides et lumineuses….
Un jardin sur la colline
Comme chaque matin, j’ouvre les volets, et regarde le ciel.
Oh ! surprise, les nuages sont d’une couleur surnaturelle.
Est-ce un bon ou un mauvais présage pour la journée ?
Mes yeux ne peuvent quitter ces nuages d’un doux rose violacé….
Le Printemps annoncé
La végétation s’éveille
sous la chaleur du soleil.
Pour les arbres, la course est lancée,
à qui montrera ses feuilles ou fleurs nouvellement nées….
La Huppe Fasciée
Tiens… tiens, se dit Maître Pigeon, habitué des lieux.
Quel est ce bel emplumé, avec son habit majestueux ?
Il n’a peur de rien, celui-là,
bondissant à découvert, par ici, par là..
Paroles d’agapanthe
Encore quelques jours
et je vais m’épanouir au grand jour….
Des bienfaits du soleil,
je jouirais à merveille
et ma fleur en majesté
sera de toute beauté….
Deux coquelicots
Que faisons nous Fréro,
au milieu de la pelouse ?
Demandait un coquelicot
gagné par la frousse
Sois sans inquiétude répondît l’autre,
la tondeuse est déjà passée…..
La boule de fer
je suis née dans un sombre atelier
de l’alchimie entre le fer et le feu.
Après un séjour dans l’eau de l’Allier,
mon concepteur m’a soumis au jeu……
Qu’il est doux de ne rien faire
Un dimanche de juillet, le murmure du village est réduit.
La chaleur a déplacé les habitants vers la Charente ou la mer
propices à la baignade et autres jeux induits.
Assise sous les murier platanes, songeuse,
je me laisse griser par l’ambiance estivale…..
Deux muriers-platanes
Cis sur la colline pierreuse,
les racines tortueuses
cherchant à se nourrir en profondeur,
deux muriers-platanes regardent les hauts de Courcoury…….

Danièle RENOUF

Les Enfants de Poilus, pendant la 2ème guerre mondiale

Un précieux travail de mémoire familiale.

Huit jeunes hommes et femmes durant la deuxième guerre mondiale qui ont en 1940 entre 8 et 21 ans. Ce sont tous des « enfants de poilus », qui eux sont trop âgés ou trop handicapés pour être mobilisés et «n’ont qu’une pensée: protéger leurs enfants ».. Danièle RENOUF résume pour chacun de ces huit jeunes ce qui lui est arrivé depuis l’occupation de la Belgique en 1939 jusqu’à la Libération. Ils traversent donc l’Exode, puis l’Occupation et pour certains la Résistance ou le STO (Service du Travail Obligatoire). Les 90 pages suivantes reproduisent des lettres, des photos, le texte d’un journal ainsi que des documents d’identité. C’est pour Danièle un travail de mémoire autour des familles Ply et Renouf. Elle a utilisé pour cela une vingtaine de lettres envoyées par Raymond lorsqu’il était au STO en Allemagne ainsi qu’un cahier avec des coupures de journaux, un journal intime, un entretien avec sa cousine et de nombreux documents. Danièle y ajoute ses propres commentaires. Elle annote les lettres de Raymond en indiquant en marge les sujets traités.

Les expériences sont très diverses. Le plus jeune à l’époque, Maurice Ply, se souvient encore de toute cette période, depuis la déclaration de guerre jusqu’à la Libération. Il est aujourd’hui « la mémoire de ces familles ». Alice a 14 ans en 1940, elle ne semble pas avoir été affectée par l’Occupation allemande. Par contre la présence d’américains noirs à la Libération l’avait beaucoup inquiétée…

Michel n’a pas connu l’exode, puisqu’il habitait avec ses parents à Pau, en Zone Libre. Pour échapper au STO il s’engage dans l’armée française, puis rejoindra la Résistance.  Jacques M. doit lui se cacher pour échapper au STO. La France est en effet « le seul gouvernement européen qui ait livré ses travailleurs à l’Allemagne ». Il y a eu environ 200 000 réfractaires. Beaucoup sont entrés dans la Résistance et pris le maquis. Quant à Pierre il est boulanger et doit partir exercer sa profession à Königsberg.

Jeanine est institutrice. Elle commence en août 1944 à tenir un Carnet pour « garder un souvenir précis des jours que nous traversons ». Andrée obtient en 1941 un diplôme de secrétaire et de sténographe. Raymond est pâtissier, mais n’en fait pas état et travaille en Allemagne dans une usine d’aviation. 24 lettres conservent la trace de ces années difficiles, jusqu’à la Libération par les Américains. Enfin Jacques T. effectue son service militaire de juin 39 à novembre 41, dont une année à Constantine. Puis quelques mois en 42 dans l’armée de Vichy qui s’est reconstruite.

APA – Association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique

Charles, Jean, Bruno RENOUF(1895-1969)

Danièle Renouf poursuit ses recherches généalogiques depuis une vingtaine d’années. Après la branche maternelle, les Bougault, elle étudie la branche paternelle, les Renouf. Depuis Charles, son grand-père, elle remonte dans ses ascendants jusqu’à la fin du 17è siècle.
Charles est né en mai 1895 à Gentilly, un an plus tard son père, Pierre Charles, est emporté par la tuberculose, alors que Marie Albertine, sa mère est enceinte. Son frère cadet Pierre Albert meurt lui aussi, âgé d’à peine un an. Sa mère décide de l’éloigner de la région parisienne et le place à Nan-sous-Thil en Côte-d’Or où se trouvent de nombreuses nourrices parisiennes. Charles vit dans une famille de cultivateurs avec d’autres enfants. À 10 ans il est placé dans une ferme de l’Oise. Déscolarisé à 11 ans, il entre en apprentissage chez un pâtissier à Paris, il souffre de la faim et du froid, son patron le maltraite. Vers l’âge de 16 ans il rejoint sa mère, qui confectionne des chemises, avec Louis Hector Lebeau, son compagnon, à Compiègne. Une demi sœur, Jeanne, nait en 1912.
Mobilisé en octobre 1914, il fait la guerre dans les troupes coloniales, il est blessé 4 fois. L’une des blessures : « plaie pénétrante de la poitrine par balle » lui vaudra une pension temporaire.
Démobilisé en août 1919, il est embauché dans une pâtisserie de Compiègne où il rencontre Eugénie Ply qu’il épouse en novembre. Des jumeaux, Pierre et Jeanine, naissent en juillet 1922. La famille mène une vie heureuse jusqu’à la 2è guerre. Grâce au métier des parents, ils ne manquent pas de nourriture. En 1943 Pierre part pour le STO, la même année Jeannine est sauvée de justesse d’une péritonite.
En 1949 Pierre épouse Alice Merpoël, leur fille Danièle, auteure de ces lignes, naît en 1951.
Charles victime d’une hémiplégie termine sa vie à Viarmes, dans le Val-d’Oise, avec Eugénie. Il meurt d’une embolie en juin 69. Eugénie décède en 77.

Cette courte biographie est accompagnée de nombreuses photos de tous les membres de la famille. Elle est suivie d’une généalogie très détaillée de la famille Renouf, ainsi que de photocopies de documents de toutes sortes : cartes d’identité, faire-part, extraits de casiers judiciaires, sauf-conduits etc.

APA -Association pour l’autobiographie.

Biographie de PLY Raymond Robert Emile (1921-1985)

Que dire de Raymond ?

C’est un homme discret, aimable, méticuleux, à l’écoute des autres (y compris de la radio). Il parle peu, comme s’il se méfiait.

Ses lectures

  • le journal quotidien de son lieu de résidence. (Récemment, Josiane a retrouvé un cahier annoté de 1939 où Jeanine, sa mère, a collé des coupures de journaux. Sur le cahier, se trouve également des annotations de Raymond). Il faisait les mots croisés du Parisien, puis de l’Oise-Matin.
  • Une revue sur l’automobile, dans sa chambre, au pied du lit, une pile de revues attendait d’être lues.
  • La revue « Le Chasseur français » et le catalogue Manufrance de St Etienne

Sa passion : la moto, et l’automobile. Il a possédé deux motos : une de marque Motobécane, et, l’autre BMW.

1921 – Acte de Naissance de Raymond

Le treize janvier mil neuf cent vingt et un, à deux heures trente est né, rue Torte 4, Raymond Robert Emile, du sexe masculin, de PLY Marcel Edmond Jean Eugène, cultivateur, âgé de trente ans et de son épouse Louise Adrienne Olympe VALENTIN, cultivatrice, âgée de vingt ans, domiciliés en cette commune. Dressé le quatorze janvier mil neuf cent vingt et un, à dix heures, sur la déclaration du père, en présence de BELLOY Joseph Marcel, instituteur en retraite, et de GRIGNON Charles Emile, propriétaire, domiciliés en cette commune, que lecture faite ont signé le présent acte avec nous François Octave BERTIN chevalier de la Légion d’Honneur, Maire de Margny-lès Compiègne.

1921 – Baptême

Raymond est baptisé le 1 Avril 1921, en l’église Sainte Jeanne d’Arc de Margny-lès-Compiègne.

1926 – Recensement de Population

rue Torterue

 

PLY Marcel Edmond, né en 1890, à Clairoix, chez de ménage, voiturier, patron

PLY Louise , née en 1900, à Ecury-sur-Coole, sa femme, ménagère

PLY Raymond, Robert, né en 1921, à Margny-lès-Compiègne, fils

1924 – Il entre à l’école maternelle – les écoles maternelles ont toujours été mixtes, et, non obligatoires.

1926 – Recensement de Population

rue de Venette

PLY Marcel, 1890, Clairoix, Grainetier, Patron

PLY Adrienne, 1900, Ecury-sur-Cole, épouse

PLY Raymond, 1921, Margny-lès-Compiègne, fils

1927 – Il entre à l’école primaire Ferdinand BUISSON

Il obtiendra son Certificat d’Etudes à l’âge de 12 ans.

1928 – Naissance de sa sœur Simonne

Le vingt-neuf juin mil neuf cent vingt-huit à onze heures trente, est née Simonne Jeanne Léontine, du sexe féminin, de PLY Marcel Edmond Jean Eugène, grainetier âgé de trente-huit ans et de son épouse Louise Adrienne Olympe VALENTIN, âgée de vingt-huit ans, domiciliés à Margny-les-Compiègne, dressé le même jour à quinze heures sur la déclaration du père qui lecture faite, a signé avec nous SARAZIN Ferdinand chevalier de la Légion d’Honneur, Maire de Margny les Compiègne.

1931 – Recensement de Population

Rue de Venette

PLY Marcel, né en 1890 à Clairoix, Chef de Ménage, Grainetier, Patron

PLY Louise, née en 1900 à Ecury-sur-Coole, épouse de «  »

PLY Raymond, né en 1921 à Margny-lès-Compiègne, fils

PLY Simonne, née en 1928 à Margny-lès-Compiègne, fille

1932– Naissance de son frère Maurice

Le vingt-huit août mil neuf cent trente-deux, dix-sept heures trente, est né 5 rue de Venette, Maurice Charles Louis Marcel, du sexe masculin, de PLY Marcel Edmond Jean Eugène, grainetier, âgé de quarante-deux ans, et de son épouse VALENTIN Louise Adrienne Olympe, âgée de trente-deux ans, domicilié à Margny les Compiègne. Dressé le vingt-neuf août mil neuf cent trente-deux, à dix heures, sur la déclaration du père qui lecture faite a signé le présent acte avec nous ROUSSEAU Paul, Maire de Margny les Compiègne.

1936 – Naissance de son frère Etienne.

(Registre non numérisé)

1936 – Recensement de Population

Rue Louis Barthou

 

PLY Marcel, né en 1890 à Clairoix, chef de ménage, grainetier Patron

PLY Louise, née en 1900 à Ecury-sur-Coole, épouse, grainetière, Patron

PLY Raymond, né en 1921 à Margny-lès-Compiègne, fils, pâtissier, chez KLEIN à Reims

PLY Simonne, né en 1928 à Margny-lès-Compiègne, fille, néant

PLY Maurice, née en 1932, à Margny-lès-Compiègne, fils, néant

 

1938 – 1948 – Ouvrier pâtissier à Courbevoie (92)

Raymond est complètement intégré à la famille de Charles et Eugénie RENOUF.

Avant la seconde guerre mondiale, il est embauché chez son Oncle Charles, boulanger pâtissier à Courbevoie (92). La boulangerie est installée dans un pavillon donnant directement sur la rue, au 11 rue Gaultier. Le logement de la boulangerie, est petit. Au rez-de-chaussée, la boutique et une petite arrière-boutique, la salle à manger et une minuscule cuisine. L’escalier, à côté de la boutique donne sur un palier qui dessert à l’étage : à gauche une petite chambre de bonne, en face la chambre principale qu’il faut traverser pour accéder à une chambre minuscule où couche Raymond.

Quand à Pierre et Jeanine, les enfants de Charles ?????? Il est possible qu’une ou deux chambres soient situées au-dessus du fournil et du laboratoire à pâtisserie.

Concernant sa période en Allemagne, voir le livre « Les Enfants de Poilus ». Après la libération, avec ses cousins Andrée MOULIN, Jeanine et Pierre RENOUF, il fréquente les Cinémas ou les Music-hall.

 

1939 – Exode, voir le livre « Enfants de Poilus, pendant la Seconde Guerre Mondiale ».

 

1941 – Naissance de Monique

(Registre non numérisé)

1943 – 1945 – STO dans la banlieue de Berlin, voir le livre « Enfants de Poilus, pendant la Seconde Guerre Mondiale ».

1949 – 1955 – Courbevoie

Pierre RENOUF et Alice se sont mariés en 13 Juillet 1949. Rapidement, Charles et Eugénie RENOUF leur demandent de prendre en gérance la boulangerie. Ce qu’ils firent. Raymond conserve son poste d’ouvrier pâtissier.

Pierre a toujours rêvé « d’avoir sa boulangerie ». Alice, fine financière constate que le coût de la gérance est trop élevé. Ils n’arrivent pas à économiser suffisamment. Le jeune couple décide d’arrêter. Charles et Eugénie ne trouvant pas de gérant, décident de vendre la boulangerie. Raymond se trouve sans emploi. Seul, il ne peut pas acheter de commerce. Il propose à Pierre et Alice de s’associer.

1956 à 1962 – Livry-Gargan

C’est ainsi que Pierre et Raymond achètent la petite boulangerie de Livry-Gargan (93190), située à une intersection, au 35 avenue de la Convention. La boulangerie est aussi installée dans un pavillon, et sur le même trottoir, quelques mètres plus loin, existe une épicerie (Chez Germain). En face, dans l’angle de l’intersection, un café-tabac mitoyen avec une boucherie tenue par un musulman, surnommé « fatigué ». Le statut de la boulangerie est une SARL. Raymond possède 1/3 des parts et Pierre les 2/3. Charles et Eugénie RENOUF ont prêté les fonds nécessaires.

Pendant la guerre d’Algérie, des algériens sont hébergés dans un « bidonville » situé dans une rue perpendiculaire. Une aubaine pour le chiffre d’affaires. Alice, Pierre et Raymond ne sont pas occupés à temps plein. Raymond aide Pierre au pétrissage et façonnage. Il sert à la boutique quand Alice s’absente (courses, marché, médecin…).

Dès son travail terminé, il enfile sa veste blanche de pâtissier. Après le déjeuner, en prenant son café, il lit le journal. Le soir, dans son lit, il lit une Revue sur l’Automobile, le Chasseur Français, ou le catalogue Manufrance de Saint-Etienne.

Il m’emmène sur le porte-bagage arrière de son vélo, à l’Ecole Maternelle et en classe de préparatoire. Le jour de fermeture du magasin est le mercredi, alors que le jeudi les écoles sont fermées.

Il possède aussi une moto BMW. Juste avant de la vendre, il m’a emmené faire un petit tour. A l’époque, la selle biplace n’existait pas. Le conducteur était assis sur une selle triangulaire, relativement près du sol, entre le réservoir et la roue arrière. Le passager, assis également sur une selle triangulaire, au-dessus de la roue arrière, se maintenait à une poignée située à l’avant du siège. L’avantage des motos de l’époque, est que le passager voyait la route au-dessus de la tête du conducteur.

Puis il achète une Renault 4CV de couleur « bleu pervenche ». Lorsque le garagiste livre la 4CV, Raymond Alice et moi sommes dans le magasin à attendre le client. De suite, Raymond voit que les pneus ne sont pas conformes à la commande. Il avait spécifié des pneus de marque MICHELIN. Il ne sort même pas la voir. Il refuse la voiture, qui sera livrée à nouveau avec les bons pneus.

Un soir d’été, il fait nuit quand mes parents et moi-même revenons de Viarmes (95) où résident mes grands-parents Charles et Eugénie RENOUF. Sur la route, la gendarmerie fait des signes avec des lampes portatives. Mon père voit la voiture accidentée de Raymond, en travers de la route. Un ivrogne roulant en sens inverse et à gauche de la chaussée a heurté la 4CV. Au dernier moment, Raymond a essayé de l’éviter. Sous le choc, le crâne chauve de Raymond heurte le rétroviseur intérieur. A cette époque, les ceintures de sécurité n’existaient pas, et, les miroirs n’étaient pas enveloppés d’une coque en plastique. Le miroir s’est brisé, créant une belle entaille du cuir chevelu (sans cheveu) de Raymond. L’urgentiste a retiré un ou des débris. Plusieurs mois après, un jour de grand soleil, Maman voit quelque chose briller sur le crâne de Raymond lisant le journal. Souvent, il se frottait la cicatrice, avec son majeur droit. Un morceau du miroir qui avait échappé à la vigilance du médecin, était rejeté naturellement par le corps humain. A l’aide d’une pince à épiler, Alice retire le débris, longtemps conservé sur du coton dans une petite boîte métallique.

Chaque quinzaine, et pendant les vacances, Raymond rend visite à ses parents, frères et sœurs à Margny-les Compiègne. Dès que je suis assez autonome, il m’emmène souvent. J’y passerai une semaine ou deux lorsque Maman contractera la grippe espagnole : la journée j’étais chez Marcel et Louise, la nuit chez Simone et Elie.

De 1963 à 1983, à Précy-sur-Oise

Octobre 1962, dans le Cabinet d’un contentieux de Paris (BERTE et Associés), Raymond, Pierre et Alice signent l’achat du fond de commerce de la boulangerie de PRECY-sur-OISE. Je suis à l’écart, je ne vois qu’une pièce sombre, et le dos des personnes.

Les vendeurs, Mr et Mme DOCOCHE, ont un fils unique Christian, atteint de la poliomyélite. Ne pouvant continuer son éducation dans le commerce, ils vendent pour se rapprocher de leur père bijoutier à Paris.

Pour Raymond, comme pour Pierre et Alice, des années laborieuses et semées d’embuches les attendent. D’abord financièrement, l’argent issu de la vente de la boulangerie de Livry-Gargan, ne sert qu’au financement de l’enregistrement de l’acte. La totalité des vingt-trois millions de francs (nouveaux) est empruntée à une multitude de prêteurs. A cette époque, les banques ne prêtent pas aux commerçants. Une coutume existe par l’intermédiaire des contentieux, d’anciens commerçants prêtent aux nouveaux à des taux supérieurs aux banques. Dans le cas présent, le taux est de 12%.

Si à Livry-Gargan, tous les 3 n’étaient pas occupés à 100%, là, Raymond continue la formation de l’apprenti qui est en 2ème année. Pierre a un ouvrier qui conduit le four, tandis qu’il assure le pétrissage et le façonnage. Alice est accompagnée par la vendeuse, qui rejoindra ses ex-patrons à Paris.

Lorsque Pierre et Raymond s’arrêteront pour raison de santé, Raymond aura un pâtissier et un apprenti pour l’aider. Pierre et Alice auront toujours le même effectif.

Les horaires de Pierre, qui maintenant, conduit le four sont de 3H à 20H, entrecoupés d’une sieste, 6 jours sur 7, soit 84H également.

Quand à Alice, la boutique est ouverte de 6H30 à 20H, avec une coupure de 14H à 15H30. Après le diner, elle s’occupe de la comptabilité, des feuilles de paie et du remboursement des prêts. Soit environ 90H hebdomadaire.

Les horaires de Raymond sont de 4H à 18H, 6 jours sur 7, soit 84H hebdomadaire. Raymond écoutait la radio à longueur de journée. Le matin, il écoutait France-Inter. L’après-midi, le poste était branché sur Radio-Luxembourg, et notamment l’émission de Ménie Grégoire. Emission qu’il commentait avec la mère d’Alice, lorsqu’elle venait en visite.[1]

Les deux dernières années, les dimanches et jours de fêtes, Alice allait aider Raymond au laboratoire. Elle garnissait les tartes, et autres. Ce qui permettait à Raymond, le pâtissier que Raymond avait formé, et, l’apprenti de réaliser des taches plus complexes.

Le jour des Rois (des galettes), un ouvrier en retraite venait rayer les galettes, mon Père s’occupait de la cuisson dans les deux fours, et les 3 pâtissiers détaillaient la pâte feuilletée préparée la veille. Jeanine, la sœur de mon Père tenait la caisse.

J’ai beaucoup aidé ma Mère les deux dernières années. Je tenais la boutique tous les week-ends, toute la journée, et tous les soirs en rentrant de Paris, où j’étais Dessinatrice Industrielle en Mécanique Générale.

En relatant ces faits, je me rends compte que cette boulangerie était bien trop forte pour eux. Que l’écart de travail et de tracas entre les deux boulangeries, était énorme. Pierre et Raymond y ont laissé leur santé puisqu’ils sont décédés deux ans plus tard. Maman a perdu progressivement et lentement ses facultés intellectuelles. Et moi, j’ai perdu des amis, des connaissances et des forces.

Pourquoi avoir choisi Précy ? Pourquoi avoir « forcé » les prédécesseurs qui étaient hésitants ?

Pour se rapprocher de la famille PLY, mais surtout pour se rapprocher de Charles et Eugénie RENOUF, habitant Viarmes (95) situé à 11Kms.

[1] Menie Grégoire, nom de plume de Marie Laurentin, née le 15 août 1919 à Cholet et morte le 16 août 2014 à Tours, est une journaliste et écrivaine française, connue notamment pour avoir animé une émission de radio d’écoute et de parole intitulée Allô, Ménie sur RTL de 1967 à 1982.

La Carrière du Couvent (St Leu d’Esserent)

Ces clichés ont été utilisés pour la réalisation de quelques cartes postales lors des Biennales de la Pierre 2006 et 2008 de Saint-Maximin.

En 2006, Mr André DAUVERGNE, Président du Foyer Rural de Saint-Maximin (60740), m’a remis 22 feuilles A4 de photos numériques des graffti peints, gravés ou sculptés, de la Carrière du Couvent de Saint-Leu-d’Esserent (60340), soit 172 clichés.

Consciente de la valeur historique de ces graffti, sachant que la carrière se dégrade, et, qu’aucun processus de sauvegarde n’est engagé, j’ai souhaité déposer ces feuilles aux Archives Départementales de BEAUVAIS.

Avec l’aide de la Maison de la Pierre de Saint-Maximin, j’ai pu contacter l’auteur des photos. Il s’agit d’André R. STEGER du Groupe d’Etudes et de Recherches Historiques sur les Carrières Souterraines.

L’ensemble du texte est issu du site Internet http://www.gerhcas.com et d’informations complémentaires remises par André R. STEGER.

Danièle RENOUF
Membre Actif et Trésorière de l’Association Histoire et Tradition

1er août 1914, Mobilisation Générale

« Livre de 91 pages ».mobilisation

       De brefs rappels historiques exposent comment, depuis « la conscription universelle et obligatoire » votée en 1798, la France cherche à faire face à la guerre, et la  rapidité mobilisation en 1914.

     Parmi ces millions d’hommes appelés sous les drapeaux, on va suivre les pas des « Poilus » de quatre familles dont est issue l’auteure. Venus de Bretagne, cinq soldats (dont au passage Danièle Renouf évoque les conditions de vie dans leurs fermes avant le conflit) étaient âgés de 41 à 30 ans, et leur parcours dans l’armée, à chacun, est soigneusement tracé. Cinq soldats, encore, venus de la région parisienne, issus de deux familles, sont plus jeunes : Léon a 16 ans en 1914 et est incorporé en 1917, son frère a 25 ans. Dans l’autre famille, les frères ont 29, 23 et 18 ans.

         Des citations, des Croix de guerre, jalonnent leur vie militaire. Sept Poilus viennent du sud de la Picardie. Raymond a 21 ans lors de la mobilisation générale et meurt au combat en septembre de la même année. Son frère a 24 ans et « une chance inouïe. Aucune blessure ». Un autre, qui a 24 ans en 1914, est blessé en 1916. André, qui a 16 ans lors de la mobilisation, entre à 19 ans dans l’armée active comme canonnier. Gaston, employé aux Chemins de Fer du Nord, fera toutes les campagnes contre l’Allemagne et sera démobilisé en juillet 1919. Un autre André, mobilisé à 23 ans, meurt aux Éparges l’année suivante. Charles, grand-père de l’auteur, entre dans l’armée à 19 ans, est quatre fois blessé et reçoit la Légion d’Honneur. Pour ces 17 soldats, on trouve ici le détail des affectations, des combats, des blessures, des citations, de la date de démobilisation, parfois aussi la mention : « Mort pour la France ».

       Les Documents annexes proposent les photocopies et transcriptions de lettres venues du front, des citations pour actes de courage : « Fusilier-mitrailleur plein de courage et de sang-froid ; à l’attaque du 2 juin 1918 a été blessé et néanmoins contribué à la progression de son équipe jusqu’au contact avec l’ennemi ; Croix de guerre, Etoile de bronze » Suivent les photocopies des fiches matricules où sont portées les campagnes de chacun, avec le détail des événements personnels.

       Ce travail approfondi d’historienne et d’archiviste est une belle façon  de maintenir vivant le souvenir d’hommes qui ont contribué à sauver la France. C’est un peu leur offrir un second tombeau, de papier et de mots.

APA, Association pour l’autobiographie et le Patrimoine autobiographique

autoédition lulu.com

Les « RENOUF de la Vergée »

A la recherche des « RENOUF dit de la Vergée »

Aujourd’hui, l’acte le plus ancien retrouvé, concerne le décès de Guillaume RENOUF Sieur de la Vergée (30/08/1682).

RENOUF_LA_VERGEE_Guillaume

Les informations issues de cet acte :
deux fils Jacques et Charles, un neveu : Ollivier FERON (vicaire de la paroisse St Ouen de Caen)

L’acte de décès de sa fille Marguerite REGNOUF (16/09/1683).

D-RENOUF Margueritte

Les informations issues de cet acte :

deux frères : Jacques et Charles

Ollivier FERON (vicaire de la paroisse St Ouen de Caen)

L’acte de décès de son autre fille Marie REGNOUF (19/05/1686).

d512c-renouf-marie.jpg

Les informations issues de cet acte :

le corps de Marie Renouf a été inhumé dans l’église, après avoir reçu le Saint Viatique, et, le sacrement d’extrême- onction.
Charles Regnouf et Berthran
Le Goguetel
(prêtre curé de Bully)

L’acte de décès de sa femme, Guillemette LE CHANOINE (5/12/1710)

D1025-LE_ CHANOINE_ Guillemette

Les informations à retenir : veuve de Guillaume RENOUF dit La Vergée, et, Jacques RENOUF son fils

Début de l’arbre des descendants de Guillaume RENOUF Sieur de la Vergée

            A la lecture de ces actes, et, en l’état des recherches actuelles, il semblerait que Guillaume et ses enfants aient migré et se soient installés à VIEUX (Calvados). Dans ce village, des familles RENOUF sont déjà présentes. Mais la branche de Guillaume se singularise par l’ajout de « sieur de la Vergée », ou, « dit la Vergée », ou, « de la Vergée ».

           Des historiens prétendent que les « RENOUF » viennent d’Angleterre ou des îles anglo-normandes. Ce qui est sûr, le nom « LE CHANOINE » est porté essentiellement dans le département de la Manche.

         Sous l’influence de Guillaume le Conquérant, notre Guillaume ou ses ancêtres auraient-ils quitté l’Angleterre ou les îles anglo-normandes, pour s’établir aux alentours de Caen ? Le neveu Ollivier FERON (patronyme également trouvé dans la Manche) était Vicaire en l’église Saint-Ouen de Caen, fondée par Guillaume Le Conquérant vers 1012.


A la recherche du Pays des « RENOUF dit de la Vergée »

Vieux

           En 1682, Guillaume quitte le monde des vivants, alors qu’une grande effervescence a lieu dans sa commune (Vieux). Une ville antique est redécouverte. Les fouilles commencent. Elles permettent d’identifier des thermes, un théâtre, un aqueduc. Ces vestiges sont de nos jours recouverts, abrités par un remblai de terre. D’après le volume 3 des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, « au temps des Gaules, le village de Vieux était déjà bien établi sur la route de Condé-sur-Noireau à Caen« .

Le Manoir de la Pallu (17e), la propriété Guillot (17e/18e) et l’église, sont les seuls bâtiments rescapés du débarquement allié de 1944.

Les recherches sur deux départements : Calvados et Manche.

Concernant le lieu « La Vergée », le site « Géoportail »  n’indique  aucune commune dans le département du Calvados, mais indique  3 hameaux dans la Manche :

geoportail

La Vergée, 50140 Romagny Fontenay
La Vergée, 50300 Saint-Ovin
La Vergée, 50600 Saint-Hilaire-du-Harcouët

Concernant le lieu « RENOUF », les recherches sur les 2 départements, et, sur le même site, ne donne aucun résultat sur le département du Calvados, mais indique 6 hameaux dans la Manche :

Renouf, 50680 Couvains
Renouf, 50660 Lingreville
Maison Renouf, 50310 Saint-Cyr
Hameau Renouf, 50630 Le Vast
Hameau Renouf, 50700 Saint-Germain-de-Tournebut
Hameau ès Renouf, 50840 Fermanville
La Croix Renouf, 50360 Etienville


Recherche d’autres « RENOUF Sieur de……. »

Sieur, sieur de… :
Le mot Sieur devant le nom était un titre honorifique donné à un bourgeois, marchand aisé, ou rentier, sans avoir spécialement une origine noble. Sieur de… signifiait que l’on était seigneur (propriétaire) d’un lieu. Après le XVIIIème siècle, le terme sieur est devenu une expression courante pour désigner Monsieur… (geneafrance)

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Généalogie et Histoire de la Caraïbe  – Les enfants du capitaine de POMPIERRE
Ce sont les registres paroissiaux du Calvados qui nous ont permis d’acquérir cette certitude. En effet,
le 5 février 1617, Thomas LE HÉRICY était parrain, à Esquay, de Thomas RENOUF. Il était dit « fils du sieur de Vieux ». Le 3 juillet 1618, le même garçon était parrain, à Vieux, de Thomas CASTEL…….