Livres : « La pierre du Bassin Parisien et la pierre des Charentes »

Livrets : « Printemps des Poètes »

Livrets : « Osez la Poésie »

Livres : « généalogie et histoires familiales »

Livres : « La pierre du Bassin Parisien et la pierre des Charentes »

Livrets : « Printemps des Poètes »

Livrets : « Osez la Poésie »

Livres : « généalogie et histoires familiales »

Extrait du livre « Souvenirs, souvenirs, vous revenez dans ma vie ».
Je n’aurai jamais évoqué ce thème, s’il n’avait été le titre
d’un fascicule de l’APA (Association Pour l’Autobiographie).
Dans notre famille, en quatre générations, les femmes sont
passés de la mère au foyer, au cadre d’entreprise.
Je commencerais par évoquer mon arrière-grand-mère Elise. Je
l’ai rencontré deux fois lors de son séjour en maison de retraite :
dans les années 60 (1960).
Elise (juin 1940)
Elise se lève, la toilette est très réduite : un rafraîchissement du
visage avec l’eau contenu dans un bol. Son premier travail est la
traite des 3 vaches, Marquise, Rêveuse et Pâquerette, suivi de la
préparation du petit déjeuner comprenant : du pain beurré, du lard
cuit, des œufs durs, accompagnés de café.
Puis, Elise nettoie la basse-cour, remet du grain, alimente le
cochon, mène les vaches dans un pré fermé d’une haie d’aubépines.
De retour, elle prépare le déjeuner qui se compose très souvent de
porc issu du saloir et de légumes cuits dans le chaudron de la
cheminée. Le cidre, puis le café et « la goutte » accompagnent ce
menu quotidien.
L’après-midi, Elise aide Célestin (son mari) dans les champs,
ou, cultive son potager. Deux ou trois fois par an, une lessive est
faite : à la main, dans un baquet.
A 18 heures, Elise ramène les vaches à l’étable. Elle tire du
puits les 3 seaux d’eau que chacune boit, puis c’est la traite (à la
main). Le lait est versé dans un grand bidon, et déposé au bout du
chemin, au bord de la route. Le ramassage a lieu à l’aube.
Avant le dîner, Elise confectionne le fagot. Le bois est coupé en
morceaux de 50 cm de long, à l’aide d’une serpe sur un billot (tronc
d’arbre bien stable). Après avoir allumé le feu dans la cheminée,
elle prépare le dîner habituel : les légumes cueillis dans son potager
avec les restes du midi, ou, simplement de la bouillie faite de lait,
de farine et de sucre.
Le vendredi Elise fait le beurre de la semaine avec la crème
prélevée tous les jours sur le lait.
Marie (entre 1915 et 1974)
Marie, ma grand-mère, née en 1903, est la fille ainée d’Elise et
de Célestin. Cela sous-entend que toute jeune, elle aide aux
diverses tâches ménagères ou agricoles.
En 1915, la Première Guerre Mondiale fait rage sur le flanc Est
de notre pays. Célestin est rappelé et rejoint le régiment qui lui est
attribué. Comme d’habitude, Elise et ses filles, Marie et Albertine (9 ans)
s’occupent des repas, du poulailler, du cochon, des vaches, mais
aussi du dernier né, René (1 an).
Il faut s’organiser pour réaliser les activités du Père absent. A
12 ans, Marie accomplit comme elle le peut les travaux des
champs. A côté du percheron, sa frêle silhouette ne fait pas le poids.
D’une main ferme et assurée, sans équivoque, elle mène le cheval
au pied du calvaire, gravit quelques marches pour pouvoir s’assoir
sur son dos (les deux jambes d’un seul côté).
Lorsque Marie épouse Léon, elle est bonne à tout faire dans une
famille de Seine et Oise. Mais, très vite, elle évolue. Elle achète
une machine à coudre et devient mécanicienne à domicile (elle
assemble des blouses et des robes de nurses dont les différents
éléments ont été coupés par l’employeur).
Après la deuxième guerre mondiale, elle travaille à Paris, et
devient corsetière. Elle réalise des soutien-gorge et corsets dans un
atelier de confection.
Après le mariage de sa fille, en 1949, elle divorce et habite
Asnières-sur-Seine, où elle assemble des vêtements d’enfants à
domicile. En femme moderne et autonome, elle va régulièrement
au cinéma, au théâtre, et autres spectacles de Paris.
En 1969, son employeur dépose le bilan. Elle s’installe près de
sa fille, dans l’Oise. Toujours à domicile, avec sa machine
professionnelle, elle assemble des peignoirs et des robes très bon
marché. Puis, c’est l’apogée, elle finit sa carrière professionnelle
en assemblant des cravates de la Haute Couture (Ted Lapidus,
Yves St Laurent….)
Alice (entre 1941 et 1983)
Alice est la fille unique de Marie. A 12 ans, Alice obtient son
Certificat d’Etudes Primaires en 1938, avec la mention BIEN, et se
classe la 1ère du Canton.
A 15 ans, Alice ne veut pas « faire comme sa Mère ». Elle ne
veut pas passer ses journées à la machine à coudre. Elle choisit de
quitter le domicile familial et d’aller travailler « chez les autres ».
A 24 ans, elle termine sa carrière de salariée, comme première
vendeuse dans un grand magasin de papeteries et photos boulevard
Magenta à Paris.
Au bal de l’Olympia, elle rencontre Pierre RENOUF,
boulanger qui travaille chez ses parents à Courbevoie. Pierre rêve
« d’avoir sa boulangerie ». Il cherche une femme sérieuse et capable
de l’aider à gérer son futur commerce.
Pierre prend en gérance, la boulangerie de ses parents. Alice fait
les comptes. Le coût de la gérance versée est très élevé, et, ne
permet pas d’économiser. Pierre veut sa boulangerie.
Pierre, Alice et Raymond, pâtissier et cousin de Pierre, âgés
entre 29 et 34 ans, s’associent et achètent une petite boulangerie à
Livry-Gargan, dans un quartier résidentiel.
Sept ans plus tard, tous les 3 achètent leur dernière boulangerie
à Précy sur Oise. Le chiffre d’affaire ne cesse d’augmenter. Le soir,
Alice fait les comptes de la journée, paie les factures. Le 15 de
chaque mois, un acompte est versé à chaque salarié. En fin de mois,
elle fait les feuilles de paies, rembourse les emprunts, prépare tous
les documents pour le Comptable
Puis des travaux de rénovations et de modernisation du fournil,
du laboratoire, du magasin, sont nécessaires. Elle compte,
recompte, prévoit, négocie.
La boulangerie est vendue le 31 juillet 1983 pour raison de
santé.
Danièle (entre 1969 et 2011)
Fille unique d’Alice, Danièle obtient son certificat d’Etudes
Primaire, son BEPC, mais échoue au Brevet de Technicien en
Dessin Industriel en 1969.
Dans différents Bureau d’Etudes, au gré des changements
d’entreprises, elle atteint le niveau de Projeteur 1. Parallèlement
elle reprend ses études (cours du soir) et obtient le CAP, puis le
Brevet Professionnel en Dessin Industriel. Elle présente son
« dossier d’équivalence », et obtient le Brevet de Technicien
Supérieur (option Assistante Technique d’Ingénieur).
Dans la dernière entreprise, elle quitte son poste de
dessinatrice « projeteur », conceptrice d’outillages et de machines
spéciales en 1996, pour celui de Responsable Qualité.
Cadre, elle met en place l’organisation qui permettra à
l’entreprise d’atteindre un niveau de réclamations-clients inférieur
à 2 pour 1000 commandes, quel que soit le service (de la Direction
Générale à la facturation, en passant par la conception, fabrication,
contrôle, livraison). L’obtention des Certifications nécessaires à la
conquête des marchés mondiaux (ISO 9001, NF Hygiène
Alimentaire …) ont permis d’attaquer des nouveaux marchés (en
Inde notamment).
Parallèlement, elle suit des cours payés par l’Entreprise, et
obtient en 2008, le « Certificat de Qualification Paritaire de la
Métallurgie – Technicien en industrialisation et amélioration des
processus ».
Danièle prend sa retraite en 2011.
Qu’est-ce qui a décidé mon père,
à réaliser un château de sable ?
Un souvenir d’enfance ?
Un souvenir de colonies de vacances ?
Munis de nos deux mains,
nous creusons, nous transportons,
nous tassons, nous formons
un château unique, fait main.
Ce n’était pas une œuvre d’art !
Il n’a pas été immortalisé,
même pas photographié.
Ma Mère décida de rivaliser.
Ce serait une œuvre exceptionnelle.
A quatre pattes, elle est plus que motivée.
Elle explique, tasse, prévoit l’avenir.
A marée montante, l’eau ennemie
va entourer, isoler le château.
Alors, nous transportons,
nous tassons, nous renforçons…
Il résiste sous l’assaut des vaguelettes répétées.
La mer continue sa lente et terrible ascension.
Le château reste debout, complètement submergé.
Danièle Renouf
29 avril 2023

Petit à petit…. Pas à pas, la machine usée donne des signes de fatigue. De son arrivée au monde, à son âge adulte, la machine s’éveille, s’étonne, s’épanouie, progresse, vie. Sa métamorphose s’opère avec régularité, jusqu’à l’épanouissement. Epanouissement, qui sous-jacente, attendait derrière le rideau, l’heure d’accomplir son rôle, de prendre la première place.
Plus rien n’existe, ni le passé, ni le futur, seule la vie présente n’a d’intérêt. La vie respirée à plein poumon. Adieu les parents, la famille, les amis, les collègues… Adieu le raisonnable, adieu le sensé, adieu le respectueux….
Place à la réalisation des envies les plus folles, les plus improbables…Pas de limites imposées, autres que celles de la catastrophe, de l’irréparable, qui laisseraient des traces éternelles…
Puis, sans que la machine n’y prenne garde , l’exaltation fait place au raisonnable, que l’on avait jusque-là, ignoré. Progressivement, la sérénité prend le premier rôle. La famille, les amis s’étonnent. Des « tu te rappelles », des « quand nous étions à… », des « c’était quand, déjà » jaillissent….
Tout cela semble loin. Bien loin.
Maintenant, la machine n’a d’autre préoccupation que de son quotidien, de la réalisation de l’existentiel. Préoccupations qui l’occupent à plein temps.
Aujourd’hui, la machine avance doucement, comme si le frein à main était en place, et que rien ne pouvait le desserrer.
La machine regarde le chemin parcouru… Il est loin le temps où…et parfois se désole…
L’avenir, on le connait, les ancêtres, les grands-parents, les parents nous l’ont montré. La machine n’est pas triste, elle est tout simplement sereine.…….
Dans un sursaut, totalement inattendu, la machine réagit. Une petite voix résonne : « tu te rappelles »…. Tu disais… »quand je serais en retraite »….
Une obsession vient de naitre : l’intérêt de faire, ou de ne rien faire, de regarder, de sentir le temps qui passe…
Il est temps de réaliser ses envies les plus folles D.R (30 août 2023)
Hé oui, il faut se rendre à l’évidence. Je ne suis plus très jeune. Aujourd’hui, les jeunes sont intraitables. Dans mon association de chasse, les quarantenaires ont pris les choses en main. Il n’y a que la chasse au gros gibier qui les intéresse : sanglier, chevreuil, cerfs, biches …
Par tirage au sort, chacun est placé à un endroit précis. Pas question de se déplacer. Le chasseur doit rester à la place désignée, et, attendre que le gibier veuille bien passer à sa portée. Surtout, ne pas somnoler, être prêt au chaque instant.
Que l’on est loin des promenades matinales, où l’on prenait le temps de respirer l’air frais, de sentir l’atmosphère pour savoir si la chasse sera ou non fructueuse. Marcher, en regardant la nature, me donnait l’impression de faire un peu de sport.
Fusil à l’épaule, avec ma chienne Sally nous arpentions la plaine, puis les petits bois. Si le soleil nous faisait l’honneur d’être présent, c’était un vrai bonheur. C’est elle qui débusquait le gibier, et à moi de tirer juste. Souvent, il nous arrivait de rentrer bredouille, et, ma femme se demandait si j’étais réellement parti à la chasse.
Mais, peu importe …… pas de quotas, aucune obligation. Je me sentais léger. Il m’arrivait de regarder un lapin faire sa toilette. Je n’avais aucune envie de tirer. J’avais pris l’habitude de ne tirer que sur les animaux en pleine course. Cela leur laissait une chance.
Aujourd’hui, le gros gibier n’a aucune chance. Parfois, c’est un carnage, plusieurs chasseurs tirent en même temps, sur la même bête. La raison de cette méthode de chasse : le gibier saccage les cultures.
Je ne peux plus emmener Sally. Je me sens bien seul au pied de l’arbre qui m’a été désigné.
Exercice de l’Atelier d’écriture La Joyeuse Théière (2019)
Ce matin, comme tous les matins, j’ouvre mes volets. J’ai la chance d’avoir une perspective jusqu’au bout de l’impasse. Mon premier regard va vers tous les volets de toutes les maisons, et vers les voitures stationnées.
Bernard, notre voisin immédiat, est parti. Sa vieille voiture bleue n’est plus stationnée devant son portail.
A côté, chez les petits jeunes nouvellement arrivés, la voiture du mari n’est plus là. Les pièces sont encore allumées. Madame prépare les enfants avant d’aller à son travail.
Mon attention se dirige vers la maison de Monique. Beaucoup plus âgée que moi, je cherche un signe de vie. Les volets sont ouverts, et la cuisine est allumée.
Maintenant, je peux préparer mon petit déjeuner. Après la vaisselle, j’irai faire un brin de toilette.
Il est 10h, le facteur doit être passé. Je n’ai pas vu la petite camionnette jaune. Est-il passé ? Est-il en retard ? La clé de la boîte aux lettres à la main, je descends les quelques marches… pas de courrier.
De retour dans mon fauteuil, je reprends mon tricot jusqu’à ce que la lassitude me dirige vers les mots croisés. De temps à autre je jette un coup d’œil dans l’impasse.
Tient, une camionnette blanche. Un livreur ? Des gens du voyage en quête de travail ? Une entreprise pour de futurs travaux…
Une livraison qui arrive chez Michel. Il se dirige vers l’arrière de la camionnette. Le colis est encombrant. Le chauffeur retire cartons et polystyrènes. Tiens, une machine à laver. A l’aide d’un diable, la machine entre par le portail. Qui va l’installer : le livreur ou Michel ?
Le livreur ressort rapidement, donc, c’est Michel qui l’installera ou son fils. Il est déjà midi. Je réchauffe le repas apporté par l’aide- ménagère. Puis, ce sera la sieste.
Un bruit me réveille ! Un bouchon ? Un intru ? Qui ? C’est Michel qui entre dans l’impasse, et avertit les enfants qui jouent dans la rue, juste devant la maison. Les deux petits nouveaux avec leur patinette, insouciants font des tours et des tours, sans s’occuper de l’environnement.
Plus loin, les petits-enfants de Josette sont venus : leur plaisir, le vélo. Ils sont rapides, et l’impasse leur appartient.
La nuit ne va pas tarder. Tout ce petit monde va disparaitre de la rue. Les devoirs, la toilette, le dîner, peut-être regarderont-ils la télé ?
Au fait, qu’y a-t-il à la télé ce soir ?
–Exercice de l’Atelier d’écriture La Joyeuse Théière (juillet 2019)
Je ne me souviens pas de t’avoir écrit dans le passé. Ce dont je suis sure, c’est de ne pas t’avoir commandé ce que tu m’as déposé devant la cheminée.
Là, ma demande est pour la planète « terre ». Cette fois, tu ne peux que répondre à ma demande. J’ai préparé l’itinéraire pour que tu ne perdes pas de temps.
En premier, passe chez Afflelou. Tu connais déjà l’adresse. Tu prends toutes les lunettes avec vision de loin. Pas de près car les destinataires sont habitués à ne regarder que leur nombril, et, leur compte bancaire.
Puis, tu passes chez Entendre ou Benoit en France, et, chez Amplifon au Royaume-Unis. Surtout pas dans les pharmacies. Tu ramasses tous les appareils auditifs que tu trouves.
Lors de ton passage à Paris, prend aussi des entrées pour le musée de l’Homme, au Trocadéro. Si tu trouves des stages d’une journée, n’hésites pas.
Grace au GPS, tu trouveras facilement les adresses de tous les élus. Oui, tous, du Chef d’Etat aux adjoints des communes. Oui, tous ceux qui pensent savoir ce qui est bon pour la planète et les hommes qui y vivent (surtout ceux qui disent : »je ne veux rien entendre »).
A chacun, tu déposes les lunettes pour que leur champ de vision se concentre sur le peuple, les hommes et femmes qui tirent « le diable par la queue ». Les appareils auditifs, pour qu’ils entendent le peuple qui grogne, avant que ce dernier se révolte.
Quand aux billets d’entrée au Musée, cela évitera aux élus de raconter n’importe quoi, sur les origines de l’humanité.
A l’adresse de Jean Louis BORLO, réveille-le pour savoir où en est son projet d’électrification de l’Afrique.
Un petit rappel :
l’Europe devait former les migrants, pour leur permettre de retourner sur leurs terres natales, et ainsi d’apporter les techniques modernes.
Cher Père Noël, j’ai fait un rêve : le satellite de communication à l’origine d’internet avait disjoncté. Les peuples se parlaient et allaient à la rencontre de l’autre. La sérénité des années antérieures était revenue, et on se rendait visite.
Nous étions à l’écoute de l’homme…..
Exercice de l’Atelier d’écriture La Joyeuse Théière (14/12/2017)
Un précieux travail de mémoire familiale.

Huit jeunes hommes et femmes durant la deuxième guerre mondiale qui ont en 1940 entre 8 et 21 ans. Ce sont tous des « enfants de poilus », qui eux sont trop âgés ou trop handicapés pour être mobilisés et «n’ont qu’une pensée: protéger leurs enfants ».. Danièle RENOUF résume pour chacun de ces huit jeunes ce qui lui est arrivé depuis l’occupation de la Belgique en 1939 jusqu’à la Libération. Ils traversent donc l’Exode, puis l’Occupation et pour certains la Résistance ou le STO (Service du Travail Obligatoire). Les 90 pages suivantes reproduisent des lettres, des photos, le texte d’un journal ainsi que des documents d’identité. C’est pour Danièle un travail de mémoire autour des familles Ply et Renouf. Elle a utilisé pour cela une vingtaine de lettres envoyées par Raymond lorsqu’il était au STO en Allemagne ainsi qu’un cahier avec des coupures de journaux, un journal intime, un entretien avec sa cousine et de nombreux documents. Danièle y ajoute ses propres commentaires. Elle annote les lettres de Raymond en indiquant en marge les sujets traités.
Les expériences sont très diverses. Le plus jeune à l’époque, Maurice Ply, se souvient encore de toute cette période, depuis la déclaration de guerre jusqu’à la Libération. Il est aujourd’hui « la mémoire de ces familles ». Alice a 14 ans en 1940, elle ne semble pas avoir été affectée par l’Occupation allemande. Par contre la présence d’américains noirs à la Libération l’avait beaucoup inquiétée…
Michel n’a pas connu l’exode, puisqu’il habitait avec ses parents à Pau, en Zone Libre. Pour échapper au STO il s’engage dans l’armée française, puis rejoindra la Résistance. Jacques M. doit lui se cacher pour échapper au STO. La France est en effet « le seul gouvernement européen qui ait livré ses travailleurs à l’Allemagne ». Il y a eu environ 200 000 réfractaires. Beaucoup sont entrés dans la Résistance et pris le maquis. Quant à Pierre il est boulanger et doit partir exercer sa profession à Königsberg.
Jeanine est institutrice. Elle commence en août 1944 à tenir un Carnet pour « garder un souvenir précis des jours que nous traversons ». Andrée obtient en 1941 un diplôme de secrétaire et de sténographe. Raymond est pâtissier, mais n’en fait pas état et travaille en Allemagne dans une usine d’aviation. 24 lettres conservent la trace de ces années difficiles, jusqu’à la Libération par les Américains. Enfin Jacques T. effectue son service militaire de juin 39 à novembre 41, dont une année à Constantine. Puis quelques mois en 42 dans l’armée de Vichy qui s’est reconstruite.
APA – Association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique

Danièle Renouf poursuit ses recherches généalogiques depuis une vingtaine d’années. Après la branche maternelle, les Bougault, elle étudie la branche paternelle, les Renouf. Depuis Charles, son grand-père, elle remonte dans ses ascendants jusqu’à la fin du 17è siècle.
Charles est né en mai 1895 à Gentilly, un an plus tard son père, Pierre Charles, est emporté par la tuberculose, alors que Marie Albertine, sa mère est enceinte. Son frère cadet Pierre Albert meurt lui aussi, âgé d’à peine un an. Sa mère décide de l’éloigner de la région parisienne et le place à Nan-sous-Thil en Côte-d’Or où se trouvent de nombreuses nourrices parisiennes. Charles vit dans une famille de cultivateurs avec d’autres enfants. À 10 ans il est placé dans une ferme de l’Oise. Déscolarisé à 11 ans, il entre en apprentissage chez un pâtissier à Paris, il souffre de la faim et du froid, son patron le maltraite. Vers l’âge de 16 ans il rejoint sa mère, qui confectionne des chemises, avec Louis Hector Lebeau, son compagnon, à Compiègne. Une demi sœur, Jeanne, nait en 1912.
Mobilisé en octobre 1914, il fait la guerre dans les troupes coloniales, il est blessé 4 fois. L’une des blessures : « plaie pénétrante de la poitrine par balle » lui vaudra une pension temporaire.
Démobilisé en août 1919, il est embauché dans une pâtisserie de Compiègne où il rencontre Eugénie Ply qu’il épouse en novembre. Des jumeaux, Pierre et Jeanine, naissent en juillet 1922. La famille mène une vie heureuse jusqu’à la 2è guerre. Grâce au métier des parents, ils ne manquent pas de nourriture. En 1943 Pierre part pour le STO, la même année Jeannine est sauvée de justesse d’une péritonite.
En 1949 Pierre épouse Alice Merpoël, leur fille Danièle, auteure de ces lignes, naît en 1951.
Charles victime d’une hémiplégie termine sa vie à Viarmes, dans le Val-d’Oise, avec Eugénie. Il meurt d’une embolie en juin 69. Eugénie décède en 77.
Cette courte biographie est accompagnée de nombreuses photos de tous les membres de la famille. Elle est suivie d’une généalogie très détaillée de la famille Renouf, ainsi que de photocopies de documents de toutes sortes : cartes d’identité, faire-part, extraits de casiers judiciaires, sauf-conduits etc.
APA -Association pour l’autobiographie.

Ces clichés ont été utilisés pour la réalisation de quelques cartes postales lors des Biennales de la Pierre 2006 et 2008 de Saint-Maximin.
En 2006, Mr André DAUVERGNE, Président du Foyer Rural de Saint-Maximin (60740), m’a remis 22 feuilles A4 de photos numériques des graffti peints, gravés ou sculptés, de la Carrière du Couvent de Saint-Leu-d’Esserent (60340), soit 172 clichés.
Consciente de la valeur historique de ces graffti, sachant que la carrière se dégrade, et, qu’aucun processus de sauvegarde n’est engagé, j’ai souhaité déposer ces feuilles aux Archives Départementales de BEAUVAIS.
Avec l’aide de la Maison de la Pierre de Saint-Maximin, j’ai pu contacter l’auteur des photos. Il s’agit d’André R. STEGER du Groupe d’Etudes et de Recherches Historiques sur les Carrières Souterraines.
L’ensemble du texte est issu du site Internet http://www.gerhcas.com et d’informations complémentaires remises par André R. STEGER.
Danièle RENOUF
Membre Actif et Trésorière de l’Association Histoire et Tradition
« Livre de 91 pages ».
De brefs rappels historiques exposent comment, depuis « la conscription universelle et obligatoire » votée en 1798, la France cherche à faire face à la guerre, et la rapidité mobilisation en 1914.
Parmi ces millions d’hommes appelés sous les drapeaux, on va suivre les pas des « Poilus » de quatre familles dont est issue l’auteure. Venus de Bretagne, cinq soldats (dont au passage Danièle Renouf évoque les conditions de vie dans leurs fermes avant le conflit) étaient âgés de 41 à 30 ans, et leur parcours dans l’armée, à chacun, est soigneusement tracé. Cinq soldats, encore, venus de la région parisienne, issus de deux familles, sont plus jeunes : Léon a 16 ans en 1914 et est incorporé en 1917, son frère a 25 ans. Dans l’autre famille, les frères ont 29, 23 et 18 ans.
Des citations, des Croix de guerre, jalonnent leur vie militaire. Sept Poilus viennent du sud de la Picardie. Raymond a 21 ans lors de la mobilisation générale et meurt au combat en septembre de la même année. Son frère a 24 ans et « une chance inouïe. Aucune blessure ». Un autre, qui a 24 ans en 1914, est blessé en 1916. André, qui a 16 ans lors de la mobilisation, entre à 19 ans dans l’armée active comme canonnier. Gaston, employé aux Chemins de Fer du Nord, fera toutes les campagnes contre l’Allemagne et sera démobilisé en juillet 1919. Un autre André, mobilisé à 23 ans, meurt aux Éparges l’année suivante. Charles, grand-père de l’auteur, entre dans l’armée à 19 ans, est quatre fois blessé et reçoit la Légion d’Honneur. Pour ces 17 soldats, on trouve ici le détail des affectations, des combats, des blessures, des citations, de la date de démobilisation, parfois aussi la mention : « Mort pour la France ».
Les Documents annexes proposent les photocopies et transcriptions de lettres venues du front, des citations pour actes de courage : « Fusilier-mitrailleur plein de courage et de sang-froid ; à l’attaque du 2 juin 1918 a été blessé et néanmoins contribué à la progression de son équipe jusqu’au contact avec l’ennemi ; Croix de guerre, Etoile de bronze » Suivent les photocopies des fiches matricules où sont portées les campagnes de chacun, avec le détail des événements personnels.
Ce travail approfondi d’historienne et d’archiviste est une belle façon de maintenir vivant le souvenir d’hommes qui ont contribué à sauver la France. C’est un peu leur offrir un second tombeau, de papier et de mots.
autoédition lulu.com
J’ai toujours entendu dire que « les familles de meuniers sont des familles riches ». Je n’ai rien trouvé dans les documents consultés, prouvant qu’ils avaient eu une quelconque richesse.
Le seul inventaire après décès retrouvé, est celui d’un meunier Hyppolite PLY (1800-1884).
Les meuniers allaient chercher le blé chez les particuliers, et leur rapportait la farine. Les meuniers prélevaient une quantité de grains sur les apports confiés par les clients. Plusieurs ordonnances de l’Etat ont préconisé :
1) de rendre aux clients, le poids de farine = au poids des grains moins deux livres pour les déchets, et d’être payé en argent.
2) pour ceux qui ne souhaitaient pas être payé en argent, le droit de mouture était fixé à un boisseau par sentier.
3) les contraventions étaient payées en amendes ou au pilori
Le 18ème siècle est l’apogée des moulins à vent et à eau
Les boulangers parisiens et des grandes villes, achètent leurs grains en campagne et utilisent les moulins locaux pour ne ramener que des sacs de farine.
Le cumul des deux métiers meuniers et boulangers est interdit.
Au 18ème siècle, les meuniers passent pour des gens riches. Mais, un grand nombre d’entre eux, ne sont que locataires , et ont des difficultés à payer leur terme trimestriel. Les meuniers ont mauvaise réputation, leur honnêteté est souvent mise en cause.
Le déclin des petits moulins est brutal (1801-1802). Grace à la vapeur, les minoteries industrielles entament leur essor. Ensuite, les moteurs à essence prendront le relais.
Le métier de meunier n’était pas sans risque. La première cause de décès était la poussière qu’il respirait à longueur de journée. La deuxième cause était l’accident. Dans un moulin, beaucoup d’éléments sont en mouvement : la meule supérieure, les rouages hérissés de dents en bois, les ailes extérieurs…. Ces mouvements intimement liés au vent sont parfois incontrôlables. Un autre risque, aussi, était le feu provoqué par les étincelles issues du frottement des roues en pierre.
Les meuniers s’observaient d’un moulin à l’autre. Quand l’un d’eux pivotaient, c’est que la brise se levait. Il était tant de de se tenir prêt.
Très souvent, les meuniers exerçaient des métiers complémentaires, comme celui de cultivateur.
Ils sont établis dans le département de l’Oise, plus exactement dans la Plaine d’Estrées-Saint-Denis. Jusqu’à la Révolution, ces immenses étendues de cultures, sans rivière, sans étang, dont on n’en voit toujours pas la fin, sont gérées par l’Abbaye Royale de Saint Denis (Seine).
Traversée par la route nationale 17, l’axe Paris-Lille, nous ne voyons aucun village à l’horizon, et pourtant, ils sont là. Vingt-cinq villages y sont nichés.
Puisqu’il n’y a pas de rivière, les moulins sont des moulins à vent. Nul ne sait dire si le corps du moulin était en pierres coiffé d’un toit pointu qui était orienté selon le sens du vent. Ou, s’il était en bois, monté sur le pivot d’une haute maçonnerie tronconique. Dans cette plaine, les deux types de moulin ont existé.
Ce qui est certain : les ailes étaient toilées . L’invention des ailes recouvertes de lattes de bois réglables est arrivée plus tard, en 1840. Rabattre les toiles, par grand vent, était une action périlleuse. Ce sont les enfants, ou, les garde moulin qui s’en chargeaient.
1793, Joseph THUILLOT (1771-1817), charpentier, épouse Marie Anne Antoinette BALAGNY (1774-1858), fille de Charles Antoine BALAGNY, garde moulin à Bailleul- le-Soc.
1819, Marie Anne THUILLOT, fille de Joseph, épouse Jean Marie Victor SAULON, fils de Jean Baptiste SAULON (1750-1832), ancien contrôleur des équipages de chasse du Prince de Condé (Chantilly), et de Marie Anne CORDIER (1755-1832) fille de Julien CORDIER (1718-1794) receveur de l’Abbaye de Saint Denis (Seine).
Jusqu’en 1851, Jean Marie Victor SAULON est meunier et cultivateur. Il emploie ses 2 fils (Joseph Victor, Jean Marie Eugène) et un garde moulin.
1851, ses enfants ont quitté le domicile paternel, il emploie toujours un garde moulin.
1855, son décès met fin à l’activité du moulin.
4 – Les meuniers de Rouvillers
1800, Etienne PLY (1757-1810), manouvrier, exerce la profession de meunier environ depuis l’année 1800. Avec son épouse Marie Françoise Ursule POTELLE (1770-1840), il a quatre enfants (Marie, Joseph, Charles et Hyppolyte).
1810, Etienne décède le 21juillet.
1811, le 12 Septembre, sa veuve, Marie Françoise Ursule se remarie avec Louis Charles BAVARD (1766-1840), garde moulin à Dompierre (Oise).
1812, nait le 14 août leur fils Louis. Louis Charles BAVART est meunier.
1840, Décès de Marie Françoise Ursule POTELLE le 24 Novembre.
1841, le dernier fils d’Etienne PLY, Hyppolyte PLY (1800-1884) et sa femme Judith SEMELLE, reprenne le moulin avec leur trois enfants (Joseph Hippolyte, Charles Hippolyte, et, Etienne Valère).
1841, le 8 décembre Judith SEMELLE décède.
Entre 1841 et 1846, Hippolyte épouse Marie Louise Toussine-HUBERT
1846, Hippolyte PLY, et, sa femme Marie-Louise sont meuniers. Vivent au moulin : sa sœur Marie Thérèse Apolline, ses enfants (Joseph Hippolyte, Charles Hippolyte, et, Etienne Valère)
1851 Hippolyte PLY est veuf, boulanger. Seuls son fils Etienne Valère et sa sœur Marie Thérèse Apolline vivent sous son toit