Archives pour la catégorie Ecrire, Osez écrire

Permet à chacun de raconter une histoires familiale, ou, non.

Mai 68, du pain !

          Je remercie Médiapart d’avoir publié mon texte.

couverture du livre

Mes parents, établis boulanger-pâtissier dans notre village, voyait d’un bon œil tous ces travailleurs en grève. Le chiffre d’affaire augmentait. Mes parents étaient, bien-sûr, du côté des patrons. Mon père était un gaulliste de la première heure. STO en 1943, il avait mis tous ses espoirs en cet homme. Associés à son cousin pâtissier, leurs horaires étaient, et cela durant toute leur activité, de 86 H à 92H par semaine. Leurs employés, faisaient 48H (temps légal en 1968). Aucun n’a quitté son poste. Ces patrons-là, n’ont rien en commun avec les autres. L’argent obtenu est gagné à la sueur de leur travail.
Les femmes du village envoyaient leurs hommes grévistes chercher le pain. Ces hommes travaillaient à Paris (RATP, SNCF, CITROEN, pour certains, chez SIMCA à Poissy pour d’autres) ou à Creil dans les usines telles qu’USINOR, CHAUSSON, GALVANOR….
Tous les jours, les échanges verbaux allaient bon train : « les patrons dehors », « on va prendre votre boulangerie » …… Et ça marchait, ma mère répondait « ah ! je voudrais bien vous voir faire du pain ».
Jusqu’au jour où la farine manqua. Ma Mère leur dit : « on n’a plus de farine, alors on va se mettre en grève, et fermer la boutique ». Là, le ton a changé. Le pain était encore la base de l’alimentation. Les plaisanteries ont cessé de part et d’autre.
Mes parents ne pouvaient pas attendre le passage du représentant de farine. Le seul moyen était le téléphone. A l’époque, pour obtenir une communication téléphonique, il fallait passer par une opératrice. Elles aussi étaient en grève.
Après une longue attente, une opératrice répond. Ma Mère demande le numéro de la minoterie « Les Grands Moulins de Corbeil ». D’abord, elle refuse. Ma Mère lui dit que n’ayant plus de farine, la boulangerie sera fermée dans deux jours. Puis ma Mère lui demande sa réaction si sa boulangerie habituelle était fermée par manque de farine. ….. Elle passa la communication, et la farine fut livrée à temps.

        Contrairement à d’autres communes, nous n’avons pas souffert du manque de carburant. Sur un des quais de l’Oise, rivière qui traverse notre commune, existait des cuves de carburant appartenant à un grossiste GERARDOT. Les stations-services environnantes étaient approvisionnées sans soucis.

Des Nouvelles de Paris

       Un dimanche, mon oncle et ma tante, habitant Courbevoie, près de Paris sont venus nous rendre visite. Leur fille était étudiante en fac de Maths. Mon oncle était établi photographe, et ma tante était institutrice d’une classe de CM2. Comme la famille, ils étaient gaullistes.

        Mon oncle, excellent narrateur, joyeux, nous raconte qu’il a été manifesté à Paris avec sa fille.
Gaiement, il défilait avec tous ces jeunes. Les slogans ? Chacun vociférait n’importe quoi, ce qui leur passait par la tête. Enfin, rien à voir avec les revendications des leaders. Cela l’a beaucoup amusé.

Les Chemins de Fer ont repris le travail. Les trains assuraient les horaires. Ma Mère a téléphoné au lycée, pour savoir si les cours avaient lieu. La Directrice a répondu que n’ayant ni personnel, ni professeur sur place, elle ne pouvait ouvrir les portes. Donc, à la rentrée.

Texte publié par Mediapart dans le livre « Mai 68 par ceux qui l’ont fait » pages  398 et 399 

Une Mission Humanitaire

Ma définition de la « Mission Humanitaire », est née lors de la rencontre d’un couple partant chaque année en Afrique. Leur mission est de livrer des colis à un village. Leur équipement se compose d’un véhicule tout terrain surmonté d’une tente de toit….
En conséquence, notre mission est semblable, à la différence près, que nous restons en Europe de l’Ouest, notre véhicule est très confortable, et, que nous dormirons à l’hôtel et dans un gîte.

  • Les faits

La ville de Saint-Maximin, dans le département de l’Oise, est jumelée avec la ville de Figueiró dos Vinhos au Portugal. En Juin 2017, un incendie d’une grande ampleur et d’une force inimaginable ravage les forets aux alentours de la commune. Habitués aux feux de forêts, la caserne de pompiers est conséquente ; les hommes professionnels et bénévoles sont organisés et entraînés. Mais cette année, un élément perturbateur vient s’ajouter, et rend impossible la maîtrise du feu. Un vent violent et continu accélère l’avancée des flammes. Des flammèches se détachent du faîte des arbres et sont transportées dans les airs, créant des départs de feu à deux cents ou trois cents mètres plus loin.
Le feu s’approche rapidement des hameaux de Figueiró. Certaines familles sont évacuées, laissant les animaux et leurs biens. D’autres préfèrent rester et sauver leurs maisons. Elles s’organisent, les hommes préparent les tuyaux d’arrosage tandis que les femmes, les enfants et personnes âgées aménagent les caves. Manuel, saint-maximinois l’hiver, a mis à l’abri ses parents et sa femme Zumira dans la cave de la maison en pierres. Au jet d’eau, il a sauvé « sa maison ». Le feu s’est arrêté à cinq ou six mètres de celle-ci. Il nous a dit « si j’étais resté à St Maximin à ce moment-là, je n’aurais plus de maison ».
Le soir suivant, le feu est au pied du bourg de Figueiró. Antonio, pompier bénévole, a laissé sa femme dans l’appartement avec la consigne de tout fermer. Enfermée dans sa chambre, Anna sent la température monter et devenir difficilement soutenable. Les crépitements du feu à l’extérieur sont audibles. Sa peur est indéfinissable. Le matin, après une nuit blanche, elle se décide à sortir de sa chambre, et pénètre dans le séjour. La fumée, sale, irrespirable est entrée par le conduit de la cheminée et par les grilles d’aération. Elle ne voit pas l’extrémité de la pièce. Tout est imprégné par cette odeur inqualifiable et suffocante. Le feu a été stoppé à une dizaine de mètres du petit immeuble.
Tous nous ont dit, le plus impressionnant, c’est cette fumée épaisse, tenace, irrespirable qui s’infiltre partout dans les maisons. C’est aussi la chaleur intenable accompagnée de crépitements inquiétants. Tous nous ont dit qu’ils n’avaient jamais eu aussi peur.

Mais la catastrophe n’est pas là. Elle se situe sur la route. Dimanche 18 juin, des habitants rentrent d’une journée passée au bord de la mer ou d’un lac. Sur la route, à quelques kilomètres du centre-ville, ils sont pris dans cette fumée opaque, gris sale et chargée de particules. Elle est si épaisse, qu’ils ne voient plus la route. Un mur. Prudents, ils s’arrêtent. C’est l’accident, les voitures suivantes s’encastrent. Les flammes ne sont pas encore là. C’est la chaleur qui est la cause des décès. Cette chaleur estimée entre 800° et 900° (certaines pièces métalliques des voitures ont fondu) a causé la mort des personnes. Sortis de leur voiture, ils n’ont fait que quelques pas, et se sont effondrés comme « irradiés »…………
Ce sont des familles avec enfants, 64 personnes dont 17 habitants de Figueiró qui ont péri sur la route.

Informée, la municipalité de Saint-Maximin s’organise pour leur venir en aide. Ne connaissant pas avec précision les conséquences de la catastrophe, la pensée va vers les enfants. Deux actions sont menées en parallèle : une collecte financière et une collecte de vêtements.
La municipalité de Figueiró a reporté la venue d’une délégation saint-maximinoise.

  • La Mission

Les derniers jours de juillet 2017, une délégation composée de 4 personnes se prépare : Gisèle 1ère adjointe au Maire, Daniel conseiller municipal accompagné de sa femme Marie-France, et moi-même. Missionnés par le Monsieur Maire de Saint-Maximin, nous devons remettre un chèque de 6400€ à Monsieur le Maire de Figueiró et les cartons de vêtements collectés.
Il est prévu la tenue d’un stand de produits français à l’occasion du FISHTRAIL« Festival Internacional de Pesta Lùdica ». Ces produits fournis par le Comité de Jumelage sont aussi dans le véhicule.
Au dernier moment, c’est-à-dire la vieille du départ, le Maire de Saint-Maximin téléphone à Gisèle pour l’informer de la venue du Président de la République du Portugal à Figueiró pendant notre séjour. Il lui conseille de prendre son écharpe tricolore.

Le 2 août 2017 à 9H30, c’est dans cet esprit que nous partons. La route est longue, 1680Kms. Deux chauffeurs seulement et les sexagénaires que nous sommes, sont obligés de s’arrêter à mi-chemin (Bayonne).
Repartis le lendemain à 7H20, nous arrivons le 3 août 2017 à l’heure souhaitée (avant 18H), mais en avance d’1heure (décalage horaire).
A partir de ce moment, nous ne gérons plus rien du tout. Tony, à la fois guide et accompagnant gère notre emploi du temps, en relation avec le Maire et les Adjoints de Figueiró. Les quatre saint-maximinois, ponctuels et un peu rigoureux font connaissance avec les heures portugaises, c’est-à-dire à plus un quart d’heure, parfois plus une demi-heure, quand il n’y a pas de changement de programme.
A 18H30, Tony nous embarque sur les « chapeaux de roue », pour aller chercher la délégation de Perkata (Hongrie) logée à 20 Kms. Ensemble, nous buvons deux ou trois gorgées d’un verre de bière, et, rapidement nous regagnons la mairie de Figueiró dos Vinhos.

  • La remise des Dons

Ce 3 Août 2017, vers 19H et sans information préalable, le Maire et sa première adjointe nous reçoivent dans la grande salle. Fatiguée, j’ai laissé l’appareil photos dans notre véhicule. Gisèle, qui a eu la présence d’esprit d’emmener avec elle le chèque et son discours, est conviée à s’assoir à côté du Maire. Sans protocole, le chèque est remis au Maire de Figueiró en présence des deux délégations, et de trois membres du Personnel de la Mairie. Tony assure les traductions en français et en anglais.

Le Maire, nous remercie sans plus, et, parait ennuyé. Nous nous attendions à plus.

La soirée se termine au restaurant du hameau « Casal de São Simão ». Epuisée, je me suis endormie à table, en attendant le dessert.

  • Explications et incompréhension

Le 4 août, nous apprenons :
– que le Luxembourg a livré en juillet, deux semi-remorques de vêtements. Ces vêtements, dont la commune ne sait que faire, sont actuellement stockés dans le gymnase
– que les sinistrés ont été indemnisés par les assurances et que la commune et l’état ont déjà apporté l’aide complémentaire

Après réflexion, les habitants de Figueiró dos Vinhos ont déjà fait leur deuil. Ils ne sont pas dans le même état d’esprit que nous. Pour l’heure, leur esprit est à la fête : FISHTRAIL « Festival Internacional de Pesta Lùdica ».

Nous n’avions pas compris que : C’est à cette fête que nous étions conviés

Pendant les jours qui suivent, notre esprit n’a jamais été à la Fête. Nous étions mal à l’aise. Les jeunes pousses aux pieds des eucalyptus calcinés indiquaient la reprise de la vie. La forêt, par ci, par-là, renaissait de ses cendres. Nous n’avions pas pensé qu’il en était de même pour les habitants.

  • Le Président de la République du Portugal (un Président hors du commun)

Gisèle n’a pas eu besoin de sortir son écharpe tricolore ; le Président n’a pas assisté au banquet qui suivait le concours de pêche à la ligne en bateau, 5 août 2017.
Le lieu d’embarquement et de débarquement des bateaux de pêche, est situé sur un dénivelé naturel. La société de pêche y a installé une cabane conséquente dont la buvette est à semi-enterrée. Une route goudronnée en impasse relie ce lieu au réseau routier.
A cette intersection un gendarme est de faction. Celui-ci nous interdit l’accès en voiture, l’arrivée du Président étant imminente,. Effectivement, quatre véhicules haute gamme s’engagent dans l’impasse. Pas de motard, pas d’escorte visible.
Un pêcheur de chaque bateau apporte le contenu de sa pêche. En attendant la pesée, les prises sont placées dans des paniers en plastique ajourés, maintenus dans des caisses d’eau. Le Président Marcelo Rebelo de Sousa, élu depuis le 9 mars 2016, est là. Incroyable en France, il donne un coup de main pour la pesée et « se prend » de l’eau plein les chaussures et le bas du pantalon. Imperturbable.
Le service d’ordre ? Quelques hommes en civil ou tenue estivale se mêlent à l’assistance.
La remise des prix faite, il est reparti comme il est venu.

Extrait du livre « Souvenirs, souvenirs….. »

Dix noms de gâteaux dans un texte

D’une famille de boulangers-pâtissiers, j’aurais pu naître dans un chou à la crème, mais non. Je suis née dans une rose en pâte d’amandes. Une de ces roses composées de pétales roses et accompagnées de feuilles dentelées de couleur vert pâle. C’était le décor habituel des entremets et bûches de notre famille.

J’aurais pu également, énumérer les petits gâteaux présentés le dimanche dans la vitrine réfrigérée. C’est Jean-Claude un ancien client rencontré par hasard trente plus tard, qui me les a rappelés. Un verre à la main, à la Fête du Beaujolais Nouveau d’une grande enseigne de portes et fenêtres, il m’a énuméré, de gauche à droite et sans se tromper les rangées de gâteaux. J’étais bluffée.

La spécialité de notre famille est la pâte feuilletée. Cette pâte était l’unique composant de la Galette des Rois au siècle dernier. Cette galette se mangeait nature ou accompagnée de confiture. L’erreur était de la réchauffer au four sans maîtriser la température, faisant fondre le beurre. En conclusion, l’utilisation de beurre de bas de gamme par des pâtissiers avides de profit, ont fait naître la galette fourrée.

Cette pâte feuilletée sert aussi de base aux tartes et tartelettes, Saint-Honoré, chaussons aux pommes, pithiviers, conversations…. Ah ! la conversation, tout en finesse, subtile assemblage de pâte feuilletée, de crème d’amande et de sucre glace.

Ne pas confondre Pâte Feuilletée, et, Feuilletage destiné aux croissants, pains au chocolat, pâtés en croûte….

Et la tartelette aux cerises !!!! En forme de bateau, les enfants mangeaient les cerises avec les doigts, puis l’index replié, raclaient la crème pâtissière. Pour terminer, ils passaient la « croûte » aux pères.

Notre Papé a transmis sa recette de pâte feuilletée à son fils et son neveu qui se sont associés. Chaque année, à la mi-janvier, ses yeux gris pétillants de joie, il demandait « combien de pâtons ? ». Le chiffre répondu était sans commune mesure avec ses souvenirs des années 50. La galette étant composée aujourd’hui, de deux pâtes feuilletées et garnie de frangipane.

La pâte à choux est l’autre pâte de base en pâtisserie. Je ne reviendrais pas sur la qualité actuelle et l’absence de finesse. Cette pâte est utilisée dans les éclairs, religieuses, glands, salambos, Saint-Honoré…. Et bien-sûr dans le croquembouche plus connu sous le nom de pièce montée.

Toute la subtilité de ces gâteaux réside dans le rapport quantitatif entre la pâte à choux, la garniture et la couverture La qualité de ces trois composants est de même importance. Un pâtissier actuel, de renommée internationale, ne s’y est pas trompé en choisissant l’éclair.

Le top du top, s’il est bien réalisé, est le croquembouche ou pièce montée composée de choux finement caramélisés, assemblés en pyramide sur un socle de nougatine. Les choux, cinq par personne, sont servis sur une petite assiette, sans cuillère ni fourchette. Tenu en main, le chou ne doit pas salir les doigts. Il se mange en deux bouchés.

Les 3 composants :

  • la pâte à choux, sans goût particulier, doit être fine, résistante à la pression de la crème, ne pas mollir pour que la pièce montée ne s’affaisse pas.
  • la crème suffisamment compacte apporte goûts et aromes.
  • le caramel apporte toute la finesse, se brisant en bouche (explose en bouche), il apporte les éclats contrastant ainsi avec la douceur de la crème, d’où le nom de croquembouche. Tout un programme !

Je pourrais continuer ainsi pendant des pages sur ce sujet comparant les gâteaux, les méthodes, d’hier et d’aujourd’hui ….mais c’est un autre sujet.

Danièle RENOUF

Les 2 Enseignements d’Alice

Le 1er enseignement d’Alice, c’est le Respect du Personnel.

Elle était plus indulgente avec ses employés qu’avec la famille. Pierre et Raymond, usés par leur cancer sou jacent, avaient besoin d’aide. Les employés dépassaient le nombre d’heures hebdomadaire autorisé par la législation. Elle disait « on a besoin d’eux », donc il faut passer sur les choses de moindre importance.
Lors de son séjour en maison de retraite, alors que je n’étais pas toujours satisfaite des prestations, elle a toujours pris la défense du Personnel et de l’Etablissement.

Le 2ème enseignement d’Alice, c’est le Respect du Client.

Combien de fois ai-je entendu : « Mr Machin, Mme Truc m’a dit que tu ne leur avais pas dit bonjour, dans la rue ». Vous pensez qu’une gamine de 12 ans …. et plus, avait autre chose en tête que Mr Machin et Mme Truc.
Combien de fois ai-je entendu : « tu sais, ce sont les clients qui nous font vivre, ce sont eux qui paient, qui font rentrer l’argent dans la caisse ».

Ce Respect du Client, elle me l’a inculqué, de force bien-sûr, mais elle me l’a inculqué quand même.

Les quinze dernières années de ma vie professionnelle, pendant sa descente impitoyable, mon employeur par l’intermédiaire du Directeur Général, m’a demandé d’accompagner l’ensemble du Personnel, dans le but de l’obtention de divers certificats de « satisfaction clients ».
Je n’ai pas eu besoin de beaucoup de formations. Grâce à Alice, j’ai pu accompagner le Personnel, cadres et non cadres, d’une entreprise de renommée nationale, et peut-être maintenant, internationale.
Mon statut de Cadre, je le dois à ces deux enseignements, je le dois à Alice.

Extrait autobiographique de « L’Œil de la Greluche »

 

Edmond PLY (1864-1935)

couverture_Edmond Ply   C’est pour réhabiliter, auprès de ses petits et arrière-petits-enfants, la mémoire de son ancêtre Edmond PLY, éclipsée, par celle de son beau-père, que l’auteur a entrepris l’écriture de cette biographie.

   En 1889 Edmond, jeune boulanger, épouse Jeanne BELLOY malgré l’opposition du père de celle-ci, Joseph Marcel BELLOY instituteur de la commune. Le couple a déjà 2 garçons de 6 et 3 ans, quand en 1896, Jeanne donne naissance à deux jumelles. Peu de temps après, sa mère décède de la tuberculose.

 

   Jeanne, à son tour, est emportée par la tuberculose en janvier 1898. Un Conseil de famille se réunit, dont Joseph Marcel BELLOY est élu Subrogé Tuteur. La boulangerie d’Edmond et de Jeanne est vendue, ainsi que tous leurs biens. Ayant perdu son gagne-pain et son logement, ce dernier retourne dans son village natal, Gournay-sur-Aronde, où il est recueilli, avec ses enfants, par son frère Georges et son épouse Victoire. Là il s’établit comme « cultivateur patron », travaillant sur ses propres terres et sur celles d’autres petits propriétaires.

   Mais en 1899 Victoire attend un deuxième enfant, la vie déjà difficile devient impossible. Les jumelles, âgées de 3 ans, entrent en pension à la « Maison d’Enfants Saint-Joseph », située dans un petit village à une quarantaine de kilomètres. Elles y resteront jusqu’en 1909, l’année du certificat d’étude.

    Entre-temps Joseph Marcel, de nouveau veuf, hérite de la fortune de sa femme et « part à la recherche d’une autre vie », il fréquente la bourgeoisie de Compiègne et, en 1905, épouse une veuve propriétaire de plusieurs maisons à Compiègne. Celle-ci a un fils photographe qui initie son beau-père à la photo.

     À partir de cette époque JM BELLOY photographie et développe sur négatifs en verre.   Il commence alors à s’intéresser à ses petits enfants, rendant visite aux jumelles et recevant Edmond et ses 2 fils. Il s’occupe de l’éducation de ses petites-filles quand elles quittent la pension.

    En 1914 les 2 garçons sont mobilisés, Raymond, le cadet est tué le 9 septembre, à 21 ans. En septembre 1918, Gournay-sur-Aronde est bombardé, comme Compiègne. Toute la famille s’enfuit. À son retour Edmond trouve sa maison (ancien relais de poste) dévastée et les toitures effondrées.

     Son fils aîné, Marcel, a fait toute la guerre, dans l’artillerie, sans être blessé. Démobilisé en juillet 1919, il vient vivre chez son grand-père jusqu’à son mariage. Entre 1919 et 1920, les 3 enfants d’Edmond se marient. Le 2 janvier 1922, JM BELLOY  décède à 76 ans. Marcel a un fils, les 2 jumelles sont enceintes.

     Edmond termine sa vie dans son logement  remis en état, « vivant de petits boulots et de la culture de ses terres ». Marcel et ses enfants lui rendent souvent visite,  il voit moins ses filles qui vivent à Paris. Atteint de la maladie de Parkinson, il meurt le 5 mai 1935,  à 71 ans, dans une maison de retraite.

    Pour sortir cette existence de l’ombre, Danièle RENOUF s’est appuyée sur les souvenirs des filles d’Edmond PLY, sur des photos de Joseph Marcel BELLOY et d’autres, et enfin sur de très nombreux documents déposés aux Archives départementale de Beauvais.

APA, Association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique
autoédition : lulu.com

Journal d’un Artilleur (1914-1918)

Livre de Famille – Journal d’un Artilleur (162 pages)

UntitledCe document intitulé journal est la transcription manuscrite d’une correspondance envoyée par l’artilleur Marcel Ply à son grand-père Marcel Joseph Belloy, d’août 1914 à octobre 1918.
La famille Ply réside à Margny-les-Compiègne. Ses deux soeurs Eugénie et Suzanne, domiciliées chez le grand-père, lui écrivent aussi et lui envoient des colis régulièrement.
C’est entre Verdun dès 1914 et Compiègne en 1918 que le 61ème régiment (devenu 261ème régiment) des artilleurs dont il fait partie, se bat contre l’avancée de l’armée allemande.
Raymond Ply, frère de Marcel, artilleur comme lui, est tué dès octobre 1914, ainsi qu’un de ses cousins.
Le régiment de Marcel plus chanceux, se déplace peu sur le terrain, changeant de cantonnement et de tâche selon les besoins : tantôt à l’arrière à cheval ou en voiture, il assure liaisons ou ravitaillement, tantôt au front il envoie des obus ou prête main forte aux fantassins dans les tranchées.
Plusieurs aspects retiennent l’attention du lecteur. La censure du courrier oblige le soldat à taire les lieux d’intervention et à rester discret, pour ne pas renseigner l’ennemi. Marcel livre peu de détails des manoeuvres sur le terrain qu’il ignore lui-même à l’avance. Il s’agit d’empêcher les Allemands de prendre les grandes villes : défendre Verdun puis Compiègne, deux positions stratégiques pour la conquête de Paris est la tâche essentielle de son régiment, il s’y plie avec discipline.
Les deux premières années, il émaille ses missives de remarques ironiques sur le peu de précision des tirs d’obus allemands. Quand le rapport de force s’inverse, il parle des villages incendiés, des châteaux en ruine, des obus qui font de plus en plus de morts, des cimetières immenses dont il prend des photos dès 1916, qu’il envoie sous forme de pellicules pour être tirées et renvoyées. Dans ces lettres il légende ces images (non retrouvées) avec précision.
Peu à peu, on voit l’ingénierie militaire allemande changer d’échelle : aviation dès 1914, tirs à longue portée, bombes incendiaires font des dégâts considérables ainsi que le gaz asphyxiant qui oblige chacun à porter un masque dès février 1916. Il décrit ce qu’il endure sans se plaindre, les furoncles aux cuisses, les jambes dans la boue et la neige, le froid glacial, la fatigue extrême des combats nuit et jour sans répit, les gazs qui lui font cracher le sang, mais la chance l’épargne de blessures graves.
En 1918, l’ennemi bombarde Compiègne d’où son grand-père s’est enfui avec sa famille. Marcel Ply trouve leur maison en train d’être pillée, il entreprend de sauver ce qu’il peut et met quelques meubles à l’écart des bombardements. La violence des combats très proches lui fait craindre sa destruction.
Un lien salvateur se noue au fil de la correspondance entre sa famille et lui, lui permettant d’échapper au cauchemar. On lui envoie, vêtements chauds, nourriture, argent et on comprend que sans cela le soldat ne tiendrait pas. La collaboration qu’il trouve auprès de son grand-père pour développer sa pellicule lui permet de porter son attention sur des préoccupations matérielles libératrices. Cette correspondance est facilitée par des services postaux qui le suivent sur le front, dont les délais de réception ne dépassent pas quelques jours.
Marcel est un homme pudique. Cité plusieurs fois pour son courage et la vaillance de son régiment et malgré une guerre sans répit, on est étonné d ‘apprendre, en quelques lignes, qu’une idylle s’est nouée au cours d’un voyage entre lui et la fille d’un paysan qui les a accueillis. Le journal s’arrête avant le cessez -le-feu du 11 novembre 18, mais quand Marcel rejoint sa famille en octobre, on comprend que la partie est gagnée.

 APA – Association pour autobiographie et le Patrimoine Autobiographique

autoédition : lulu.com

 

 

Marie BOUGAULT (1903-1977)

UntitledLivre de 188 pages.

     C’est pour se lancer à la » recherche du passé inconnu » de sa grand-mère que l’auteur a établi cette généalogie approfondie et circonstanciée. Présenté sous forme de fiches, ce travail qui remonte jusqu’au 18ème siècle, répertorie 6 générations – d’avant 1789 à après 1914 – et fournit quantité d’informations sur les modes de vie des habitants du Canton de Tinténiac, dans le département d’Ille et Vilaine, d’où sont originaires tous les ascendants de Marie Bougault, ainsi que sur les évènements historiques ou climatiques, qui ont influé sur la vie sociale.
Jusqu’à la 1ère guerre mondiale, tous les ancêtres ont vécu au pays exerçant, pour la plupart, des métiers liés à la terre : cultivateurs, laboureurs, meuniers… les femmes domestiques, lingères. A partir de 1914, l’état de l’habitat, les conditions de travail et l’insuffisance des loisirs entraînent un exode vers la région parisienne.
Ainsi, Marie Bougault née en 1903 à Saint-Domineuc, quitte le pays avec ses parents qui s’installent dans l’actuel département de Seine-Saint-Denis, en 1919. Elle y rencontre Léon Merpoël qu’elle épouse en 1924. Leur fille Alice, mère de l’auteur, naît en 1926 à Villepinte. Après le mariage d’Alice en 1949, Marie quitte le domicile conjugal et vient habiter à Courbevoie à quelques mètres de chez sa fille. Elle se suicidera en 1977 après s’être fâchée avec toute sa famille, y compris avec sa fille unique.
La généalogie passe ensuite aux descendants de Marie Bougault : sa fille Alice et sa petite-fille Danièle RENOUF.
L’enfance d’Alice « se passe essentiellement à la maison », elle aide sa mère qui confectionne des vêtements à domicile et n’a pas le droit de sortir jouer avec ses copines. Grâce à la bibliothèque de l’école, elle lit énormément et réussit très bien en classe. En 1936, grâce aux congés payés, elle découvre St Domineuc où est née sa mère Marie. En 1949, elle rencontre Pierre RENOUF, boulanger à Courbevoie, qu’elle épouse. En 1951, ils ont une fille unique, Danièle.

         Avec Alice, Danièle entreprend ce travail de recherche généalogique en 1997, mais déjà en 2001 la mère souffre de graves problèmes de santé : fractures spontanées et pertes de mémoire typiques de la maladie d’Alzheimer. Les recherches s’arrêtent définitivement.

C’est seulement en 2012 que Danièle décide d’écrire ce livre.

APA – Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique

autoédition : lulu.com

Joseph Marcel BELLOY (1845-1922)

       Livre de Famille « TIOTSPLY », 66 pages

L’auteur rend hommage à ces ancêtres par un patient travail de généalogie, richement Untitledillustré par des images d’époque, des photographies et des reproductions de documents divers. Elle dresse joliment l’arbre généalogique de sa famille qui remonte aux années 1600. Une famille de manouvriers et de laboureurs du sud du Plateau Picard.

    Ce livret rend hommage à Joseph, Marcel Belloy (1845-1922) et à sa descendance jusqu’aux années 2000. Tout commence à sa naissance à Rouvilliers dans l’Oise : présentation du département, du village (photos), de sa scolarité. Son père est horloger itinérant et Joseph réussit le concours de l’école normale à l’âge de 18ans. Exempté du service militaire en 1865 et premier mariage en 1869. Carrière d’instituteur, naissance de sa fille Jeanne (1870). Mariage de Jeanne (1889), décès de son épouse Eugénie (1896) et remariage à 52ans. Après le décès de sa fille à 27ans, il devient le tuteur de ses petits enfants. Il prend sa retraite en 1900 et s’installe à Margny-les-Compiègne. Après le décès de sa seconde épouse, il épouse à 59 ans une riche veuve de 44ans. Guerre de 14-18 : on suit le destin de ses petits enfants dont il est très proche, leurs mariages et leurs descendances. De nombreuses photos illustrent en annexe ce cahier.

            Le patient travail de généalogie et de documentation de l’auteur constitue un touchant hommage à ses ancêtres qui nous deviennent ainsi familiers ainsi qu’un intéressant témoignage historique.

APA – Association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographie

autoédition : lulu.com

Jean Baptiste SAULON (1750-1832)

Livre de Famille « TIOTSPLY », 23 pages

          L’auteur rend hommage à ces ancêtres par un patient travail de généalogie, richement illustré par des images d’époque, des photographies et des reproductions de documents divers. Elle dresse joliment l’arbre généalogique de sa famille qui remonte aux années 16couverture-jb-saulon00. Une famille de manouvriers et de laboureurs du sud du Plateau Picard.

            Ce livret débute le 29 août 1775 par le mariage de Jean-Baptiste Solon avec Marie Félicité Noel à Chantilly, avec le rappel historique du domaine de chasse de Chantilly et la Maison des Condé. Jean-Baptiste est piqueux et dès 1788, Contrôleur des Equipages puis, à 82 ans, Portier des écuries du Duc d’Aumale. Ses deux frères sont palefreniers de la Maison de Condé. Une description du faste de ces écuries (125 chevaux et 39 voitures), des chenils (121 chiens), des tableaux de chasse (19000 cerfs, chevreuils, sangliers en 1722), des dépendances, est réalisée minutieusement.
En 1791 Jean-Baptiste rejoint la garde nationale tandis que les biens des Condé sont confisqués et saccagés. Puis il retourne dans son village natal en 1793. Une brève présentation de ses enfants l’accompagnant dans cet exil est détaillée.
A 81 ans, il revient dans les Grandes Ecuries du domaine de Chantilly sauvées de la démolition.

            Le patient travail de généalogie et de documentation de l’auteur constitue un touchant hommage à ses ancêtres qui nous deviennent ainsi familiers ainsi qu’un intéressant témoignage historique.

APA – Association pour l’Autobiographie et le Patrimoine Autobiographique

autoédition : lulu.com

L’Exode bretonne après 1918

Article réalisé à partir d’un des livres de l’Abbé Emile GAUTIER qui a soutenu plusieurs thèses à la Sorbonne, sur l’émigration bretonne de 1866 à 1946.

1) L’Etat de l’habitat est la cause principale de l’exode.
Les ruraux comparent toujours leur habitat à celui des villes. Evidemment, ils ne voient pas les arrières : les cours, les taudis…. En ville, ils ne voient que le confort moderne : eau, gaz, électricité, logement clair et facile à entretenir. Ils sont humiliés lorsque des étrangers réfugiés trouvent leurs fermes « primitives ». Lire la suite