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Biographie de PLY Raymond Robert Emile (1921-1985)

Que dire de Raymond ?

C’est un homme discret, aimable, méticuleux, à l’écoute des autres (y compris de la radio). Il parle peu, comme s’il se méfiait.

Ses lectures

  • le journal quotidien de son lieu de résidence. (Récemment, Josiane a retrouvé un cahier annoté de 1939 où Jeanine, sa mère, a collé des coupures de journaux. Sur le cahier, se trouve également des annotations de Raymond). Il faisait les mots croisés du Parisien, puis de l’Oise-Matin.
  • Une revue sur l’automobile, dans sa chambre, au pied du lit, une pile de revues attendait d’être lues.
  • La revue « Le Chasseur français » et le catalogue Manufrance de St Etienne

Sa passion : la moto, et l’automobile. Il a possédé deux motos : une de marque Motobécane, et, l’autre BMW.

1921 – Acte de Naissance de Raymond

Le treize janvier mil neuf cent vingt et un, à deux heures trente est né, rue Torte 4, Raymond Robert Emile, du sexe masculin, de PLY Marcel Edmond Jean Eugène, cultivateur, âgé de trente ans et de son épouse Louise Adrienne Olympe VALENTIN, cultivatrice, âgée de vingt ans, domiciliés en cette commune. Dressé le quatorze janvier mil neuf cent vingt et un, à dix heures, sur la déclaration du père, en présence de BELLOY Joseph Marcel, instituteur en retraite, et de GRIGNON Charles Emile, propriétaire, domiciliés en cette commune, que lecture faite ont signé le présent acte avec nous François Octave BERTIN chevalier de la Légion d’Honneur, Maire de Margny-lès Compiègne.

1921 – Baptême

Raymond est baptisé le 1 Avril 1921, en l’église Sainte Jeanne d’Arc de Margny-lès-Compiègne.

1926 – Recensement de Population

rue Torterue

 

PLY Marcel Edmond, né en 1890, à Clairoix, chez de ménage, voiturier, patron

PLY Louise , née en 1900, à Ecury-sur-Coole, sa femme, ménagère

PLY Raymond, Robert, né en 1921, à Margny-lès-Compiègne, fils

1924 – Il entre à l’école maternelle – les écoles maternelles ont toujours été mixtes, et, non obligatoires.

1926 – Recensement de Population

rue de Venette

PLY Marcel, 1890, Clairoix, Grainetier, Patron

PLY Adrienne, 1900, Ecury-sur-Cole, épouse

PLY Raymond, 1921, Margny-lès-Compiègne, fils

1927 – Il entre à l’école primaire Ferdinand BUISSON

Il obtiendra son Certificat d’Etudes à l’âge de 12 ans.

1928 – Naissance de sa sœur Simonne

Le vingt-neuf juin mil neuf cent vingt-huit à onze heures trente, est née Simonne Jeanne Léontine, du sexe féminin, de PLY Marcel Edmond Jean Eugène, grainetier âgé de trente-huit ans et de son épouse Louise Adrienne Olympe VALENTIN, âgée de vingt-huit ans, domiciliés à Margny-les-Compiègne, dressé le même jour à quinze heures sur la déclaration du père qui lecture faite, a signé avec nous SARAZIN Ferdinand chevalier de la Légion d’Honneur, Maire de Margny les Compiègne.

1931 – Recensement de Population

Rue de Venette

PLY Marcel, né en 1890 à Clairoix, Chef de Ménage, Grainetier, Patron

PLY Louise, née en 1900 à Ecury-sur-Coole, épouse de «  »

PLY Raymond, né en 1921 à Margny-lès-Compiègne, fils

PLY Simonne, née en 1928 à Margny-lès-Compiègne, fille

1932– Naissance de son frère Maurice

Le vingt-huit août mil neuf cent trente-deux, dix-sept heures trente, est né 5 rue de Venette, Maurice Charles Louis Marcel, du sexe masculin, de PLY Marcel Edmond Jean Eugène, grainetier, âgé de quarante-deux ans, et de son épouse VALENTIN Louise Adrienne Olympe, âgée de trente-deux ans, domicilié à Margny les Compiègne. Dressé le vingt-neuf août mil neuf cent trente-deux, à dix heures, sur la déclaration du père qui lecture faite a signé le présent acte avec nous ROUSSEAU Paul, Maire de Margny les Compiègne.

1936 – Naissance de son frère Etienne.

(Registre non numérisé)

1936 – Recensement de Population

Rue Louis Barthou

 

PLY Marcel, né en 1890 à Clairoix, chef de ménage, grainetier Patron

PLY Louise, née en 1900 à Ecury-sur-Coole, épouse, grainetière, Patron

PLY Raymond, né en 1921 à Margny-lès-Compiègne, fils, pâtissier, chez KLEIN à Reims

PLY Simonne, né en 1928 à Margny-lès-Compiègne, fille, néant

PLY Maurice, née en 1932, à Margny-lès-Compiègne, fils, néant

 

1938 – 1948 – Ouvrier pâtissier à Courbevoie (92)

Raymond est complètement intégré à la famille de Charles et Eugénie RENOUF.

Avant la seconde guerre mondiale, il est embauché chez son Oncle Charles, boulanger pâtissier à Courbevoie (92). La boulangerie est installée dans un pavillon donnant directement sur la rue, au 11 rue Gaultier. Le logement de la boulangerie, est petit. Au rez-de-chaussée, la boutique et une petite arrière-boutique, la salle à manger et une minuscule cuisine. L’escalier, à côté de la boutique donne sur un palier qui dessert à l’étage : à gauche une petite chambre de bonne, en face la chambre principale qu’il faut traverser pour accéder à une chambre minuscule où couche Raymond.

Quand à Pierre et Jeanine, les enfants de Charles ?????? Il est possible qu’une ou deux chambres soient situées au-dessus du fournil et du laboratoire à pâtisserie.

Concernant sa période en Allemagne, voir le livre « Les Enfants de Poilus ». Après la libération, avec ses cousins Andrée MOULIN, Jeanine et Pierre RENOUF, il fréquente les Cinémas ou les Music-hall.

 

1939 – Exode, voir le livre « Enfants de Poilus, pendant la Seconde Guerre Mondiale ».

 

1941 – Naissance de Monique

(Registre non numérisé)

1943 – 1945 – STO dans la banlieue de Berlin, voir le livre « Enfants de Poilus, pendant la Seconde Guerre Mondiale ».

1949 – 1955 – Courbevoie

Pierre RENOUF et Alice se sont mariés en 13 Juillet 1949. Rapidement, Charles et Eugénie RENOUF leur demandent de prendre en gérance la boulangerie. Ce qu’ils firent. Raymond conserve son poste d’ouvrier pâtissier.

Pierre a toujours rêvé « d’avoir sa boulangerie ». Alice, fine financière constate que le coût de la gérance est trop élevé. Ils n’arrivent pas à économiser suffisamment. Le jeune couple décide d’arrêter. Charles et Eugénie ne trouvant pas de gérant, décident de vendre la boulangerie. Raymond se trouve sans emploi. Seul, il ne peut pas acheter de commerce. Il propose à Pierre et Alice de s’associer.

1956 à 1962 – Livry-Gargan

C’est ainsi que Pierre et Raymond achètent la petite boulangerie de Livry-Gargan (93190), située à une intersection, au 35 avenue de la Convention. La boulangerie est aussi installée dans un pavillon, et sur le même trottoir, quelques mètres plus loin, existe une épicerie (Chez Germain). En face, dans l’angle de l’intersection, un café-tabac mitoyen avec une boucherie tenue par un musulman, surnommé « fatigué ». Le statut de la boulangerie est une SARL. Raymond possède 1/3 des parts et Pierre les 2/3. Charles et Eugénie RENOUF ont prêté les fonds nécessaires.

Pendant la guerre d’Algérie, des algériens sont hébergés dans un « bidonville » situé dans une rue perpendiculaire. Une aubaine pour le chiffre d’affaires. Alice, Pierre et Raymond ne sont pas occupés à temps plein. Raymond aide Pierre au pétrissage et façonnage. Il sert à la boutique quand Alice s’absente (courses, marché, médecin…).

Dès son travail terminé, il enfile sa veste blanche de pâtissier. Après le déjeuner, en prenant son café, il lit le journal. Le soir, dans son lit, il lit une Revue sur l’Automobile, le Chasseur Français, ou le catalogue Manufrance de Saint-Etienne.

Il m’emmène sur le porte-bagage arrière de son vélo, à l’Ecole Maternelle et en classe de préparatoire. Le jour de fermeture du magasin est le mercredi, alors que le jeudi les écoles sont fermées.

Il possède aussi une moto BMW. Juste avant de la vendre, il m’a emmené faire un petit tour. A l’époque, la selle biplace n’existait pas. Le conducteur était assis sur une selle triangulaire, relativement près du sol, entre le réservoir et la roue arrière. Le passager, assis également sur une selle triangulaire, au-dessus de la roue arrière, se maintenait à une poignée située à l’avant du siège. L’avantage des motos de l’époque, est que le passager voyait la route au-dessus de la tête du conducteur.

Puis il achète une Renault 4CV de couleur « bleu pervenche ». Lorsque le garagiste livre la 4CV, Raymond Alice et moi sommes dans le magasin à attendre le client. De suite, Raymond voit que les pneus ne sont pas conformes à la commande. Il avait spécifié des pneus de marque MICHELIN. Il ne sort même pas la voir. Il refuse la voiture, qui sera livrée à nouveau avec les bons pneus.

Un soir d’été, il fait nuit quand mes parents et moi-même revenons de Viarmes (95) où résident mes grands-parents Charles et Eugénie RENOUF. Sur la route, la gendarmerie fait des signes avec des lampes portatives. Mon père voit la voiture accidentée de Raymond, en travers de la route. Un ivrogne roulant en sens inverse et à gauche de la chaussée a heurté la 4CV. Au dernier moment, Raymond a essayé de l’éviter. Sous le choc, le crâne chauve de Raymond heurte le rétroviseur intérieur. A cette époque, les ceintures de sécurité n’existaient pas, et, les miroirs n’étaient pas enveloppés d’une coque en plastique. Le miroir s’est brisé, créant une belle entaille du cuir chevelu (sans cheveu) de Raymond. L’urgentiste a retiré un ou des débris. Plusieurs mois après, un jour de grand soleil, Maman voit quelque chose briller sur le crâne de Raymond lisant le journal. Souvent, il se frottait la cicatrice, avec son majeur droit. Un morceau du miroir qui avait échappé à la vigilance du médecin, était rejeté naturellement par le corps humain. A l’aide d’une pince à épiler, Alice retire le débris, longtemps conservé sur du coton dans une petite boîte métallique.

Chaque quinzaine, et pendant les vacances, Raymond rend visite à ses parents, frères et sœurs à Margny-les Compiègne. Dès que je suis assez autonome, il m’emmène souvent. J’y passerai une semaine ou deux lorsque Maman contractera la grippe espagnole : la journée j’étais chez Marcel et Louise, la nuit chez Simone et Elie.

De 1963 à 1983, à Précy-sur-Oise

Octobre 1962, dans le Cabinet d’un contentieux de Paris (BERTE et Associés), Raymond, Pierre et Alice signent l’achat du fond de commerce de la boulangerie de PRECY-sur-OISE. Je suis à l’écart, je ne vois qu’une pièce sombre, et le dos des personnes.

Les vendeurs, Mr et Mme DOCOCHE, ont un fils unique Christian, atteint de la poliomyélite. Ne pouvant continuer son éducation dans le commerce, ils vendent pour se rapprocher de leur père bijoutier à Paris.

Pour Raymond, comme pour Pierre et Alice, des années laborieuses et semées d’embuches les attendent. D’abord financièrement, l’argent issu de la vente de la boulangerie de Livry-Gargan, ne sert qu’au financement de l’enregistrement de l’acte. La totalité des vingt-trois millions de francs (nouveaux) est empruntée à une multitude de prêteurs. A cette époque, les banques ne prêtent pas aux commerçants. Une coutume existe par l’intermédiaire des contentieux, d’anciens commerçants prêtent aux nouveaux à des taux supérieurs aux banques. Dans le cas présent, le taux est de 12%.

Si à Livry-Gargan, tous les 3 n’étaient pas occupés à 100%, là, Raymond continue la formation de l’apprenti qui est en 2ème année. Pierre a un ouvrier qui conduit le four, tandis qu’il assure le pétrissage et le façonnage. Alice est accompagnée par la vendeuse, qui rejoindra ses ex-patrons à Paris.

Lorsque Pierre et Raymond s’arrêteront pour raison de santé, Raymond aura un pâtissier et un apprenti pour l’aider. Pierre et Alice auront toujours le même effectif.

Les horaires de Pierre, qui maintenant, conduit le four sont de 3H à 20H, entrecoupés d’une sieste, 6 jours sur 7, soit 84H également.

Quand à Alice, la boutique est ouverte de 6H30 à 20H, avec une coupure de 14H à 15H30. Après le diner, elle s’occupe de la comptabilité, des feuilles de paie et du remboursement des prêts. Soit environ 90H hebdomadaire.

Les horaires de Raymond sont de 4H à 18H, 6 jours sur 7, soit 84H hebdomadaire. Raymond écoutait la radio à longueur de journée. Le matin, il écoutait France-Inter. L’après-midi, le poste était branché sur Radio-Luxembourg, et notamment l’émission de Ménie Grégoire. Emission qu’il commentait avec la mère d’Alice, lorsqu’elle venait en visite.[1]

Les deux dernières années, les dimanches et jours de fêtes, Alice allait aider Raymond au laboratoire. Elle garnissait les tartes, et autres. Ce qui permettait à Raymond, le pâtissier que Raymond avait formé, et, l’apprenti de réaliser des taches plus complexes.

Le jour des Rois (des galettes), un ouvrier en retraite venait rayer les galettes, mon Père s’occupait de la cuisson dans les deux fours, et les 3 pâtissiers détaillaient la pâte feuilletée préparée la veille. Jeanine, la sœur de mon Père tenait la caisse.

J’ai beaucoup aidé ma Mère les deux dernières années. Je tenais la boutique tous les week-ends, toute la journée, et tous les soirs en rentrant de Paris, où j’étais Dessinatrice Industrielle en Mécanique Générale.

En relatant ces faits, je me rends compte que cette boulangerie était bien trop forte pour eux. Que l’écart de travail et de tracas entre les deux boulangeries, était énorme. Pierre et Raymond y ont laissé leur santé puisqu’ils sont décédés deux ans plus tard. Maman a perdu progressivement et lentement ses facultés intellectuelles. Et moi, j’ai perdu des amis, des connaissances et des forces.

Pourquoi avoir choisi Précy ? Pourquoi avoir « forcé » les prédécesseurs qui étaient hésitants ?

Pour se rapprocher de la famille PLY, mais surtout pour se rapprocher de Charles et Eugénie RENOUF, habitant Viarmes (95) situé à 11Kms.

[1] Menie Grégoire, nom de plume de Marie Laurentin, née le 15 août 1919 à Cholet et morte le 16 août 2014 à Tours, est une journaliste et écrivaine française, connue notamment pour avoir animé une émission de radio d’écoute et de parole intitulée Allô, Ménie sur RTL de 1967 à 1982.

L’Exode 1940, banlieue de Paris

Autour d’une photo

Exode

Andrée TICHADOU, née MOULIN : On a quitté Courbevoie (Seine), et, on s’est retrouvé. C’est là où les usines ont brulé, on était sur une grande route aux alentours d’Etampes.

Danièle RENOUF : C’est à cet endroit que les hommes en vélo vous ont rejoint !

Andrée : Non, c’est la première halte que nous avons fait en sortant de Paris où il y avait la possibilité de se garer, de se retrouver… Je ne sais pas où mon Oncle Charles (Charles RENOUF) avait trouvé ça !  C’était au premier étage, on est rentré dans une maison, on est monté au premier étage, il n’y avait personne, c’était vide (tout le monde était parti). Je vois une grande pièce, une pièce immense, mais tout n’était pas habité… C’était une grande pièce vide, mais pas un hangar. On est monté au premier étage, et l’on voyait Paris au loin, c’était tout noir de fumée…. On est resté là, la nuit….

Danièle RENOUF : avez-vous dormi dans la maison ?

Andrée : oh non, on n’a pas dormi. Ils (Pierre et Raymond) sont arrivés avec leurs vélos, et ils étaient tout noirs, ça correspondait aux usines qui brulaient. Ce sont les français qui les brûlaient, c’est plutôt ça, certains voulaient arrêter l’avance des allemands. Après le temps que l’on a été là, je ne sais rien…

La grange ce n’est pas là… la grange, c’est après…

Danièle RENOUF : Qui est sur la photo, et, qui manque ?

De gauche à droite : Eugénie PLY épouse RENOUF, Etienne PLY (l’enfant), Louise VALENTIN épouse PLY, Charles RENOUF (se rase), Raymond PLY, Pierre RENOUF, Andrée MOULIN, Susanne PLY épouse MOULIN.
Les 2 véhicules : la camionnette FORD de Marcel PLY et la traction CITROEN de Charles RENOUF

Andrée : Il manque mon frère Jacques (MOULIN), je ne sais pas où il est, il est ailleurs. Jeanine (RENOUF) est là mais pas sur la photo. Marcel (PLY) qui prend la photo. Gaston (MOULIN), mon père qui a fait partir le dernier train de la gare de l’Est et qui arrive en vélo. Il manque Maurice et Simone (PLY) évacués avec les écoles de Courbevoie.

Tout le monde sourit. On est content de se retrouver. On n’avait pas revu tout le monde. Là, c’est après, quand tout le monde est arrivé.

Danièle RENOUF : Vous avez mis 3 jours et 2 nuits pour arriver à Chabris et vous n’êtes pas restés longtemps, je crois.

Andrée : Si, 8 jours, le temps que les allemands arrivent, quand même.

Oh, la tête des allemands, quand on était à Chabris, quand on était dans la grande maison, la tête quand ils ont découvert la voiture (traction Citroën) de ton grand-père dans le garage. Ils n’ont rien compris. Je me rappelle les boches, ils étaient dans le grand pré de la maison, et faisaient des grands gestes, ils avaient vu la voiture dans le garage et ne nous avaient pas vu arriver. Ils ne savaient pas comment cela se faisait que l’on était là. Ma Tante (Eugénie) et Maman (Susanne) nous ont caché, Jeanine et moi dans les toilettes.

Danièle RENOUF : Alors, vous êtes remontés !

Andrée : Oui, quelques jours après…. on est remonté jusqu’en haut (Courbevoie). En une seule fois, en se demandant si on allait avoir assez d’essence pour aller jusqu’au bout. Là, c’était la question. Mon Oncle Charles nous avait dit : »si on n’a pas d’essence, tu pousses… on va essayer et quand on va être en bas du Pont de Neuilly, le long de Puteaux, avant de remonter…si on peut pas remonter La Défense, il faudra m’aider à pousser.

Eh bien, on a été jusqu’au bout… on est passé par l’avenue Marceau, et quand on est arrivé, il y avait quelqu’un dans la boutique (boulangerie de Charles et Eugénie RENOUF). Alors là, ça a fait un drôle de truc…. Il y avait quelqu’un assis sur la banquette (derrière la caisse). Il y avait une femme, et le Père DESCHAMPS (ouvrier boulanger, alcoolique, qui donnait un coup demain, et dont Charles avait pitié).

Danièle RENOUF : Le Père DESCHAMPS était resté ! C’était une amie à lui ?

Andrée : Oui, c’était plus ou moins sa compagne. Lui est resté pour garder la boulangerie, il n’est pas parti.

Interview d’Andrée TICHADOU, née MOULIN (2005)